Le campus Macdonald en mission pour le retour des abeilles

April 2021
| Valerie McLeod, Agente de communications, Sciences de l’agriculture et de l’environnement
Publié dans le McGill Reporter, 22 avril 2021. Reproduit avec permission.
Photo: Gail MacInnis

Le Projet Habitat des pollinisateurs indigènes est la dernière initiative du groupe de travail sur la durabilité du campus Macdonald qu’il mène en partenariat avec le Collège John Abbott voisin. Son but est de réduire l’impact du campus sur l’environnement et d’améliorer l’écologie de la communauté avoisinante. Le projet est soutenu par le Fonds pour les projets de développement durable de McGill et par une subvention Libérez votre nature à l’école du Fonds mondial pour la nature.

Le projet est piloté par Frieda Beauregard, B. Sc. (AgEnvSc) 2004, M. Sc. 2007, Ph. D. 2016, qui est chargée de cours en sciences végétales et conservatrice à l’Herbier de l’Université McGill. Il a été inspiré par la perte alarmante de l’habitat de pollinisateurs comme les abeilles sauvages – maillon essentiel de notre écosystème – qui contribuent à assurer la propagation de différentes espèces végétales.

« Environs 87 % de toutes les plantes à fleurs dépendent entièrement ou partiellement des pollinisateurs pour se reproduire. La disparition de ces alliés précieux se traduirait par une diminution des fruits et des graines et, par conséquent, de nourriture pour les humains et les autres animaux », dit Gail MacInnis, Ph. D. 2020, ex-chercheuse au Musée d’entomologie Lyman du campus Macdonald et aujourd’hui postdoctorante à l’Université Concordia. Elle précise que toutes les plantes ne sont pas pollinisées par les mêmes espèces de pollinisateurs, d’où la grande importance de la diversité. « Nombre d’insectes sont considérés comme des pollinisateurs — abeilles, mouches, papillons, coléoptères, même les fourmis — qui déplacent le pollen entre les fleurs et les plantes, généralement par accident lors de leur recherche de nourriture ou d’un abri. Cependant, ce projet soutient plus particulièrement les abeilles sauvages et indigènes, qui sont en grande partie solitaires et nécessitent donc beaucoup plus d’aide pour survivre et prospérer, notamment dans les zones fortement aménagées. »

La clé réside dans l’observation

Ces abeilles, qui nichent principalement sous terre, dans de vieilles souches ou du bois mort, ont besoin de zones non perturbées pour construire leur nid et pondre leurs œufs. L’objectif est de multiplier les possibilités d’habitat naturel pour les abeilles sauvages autour du campus Macdonald et de faire un suivi de leurs populations à l’aide des données recueillies par une application appelée iNaturalist.

« Nous avons choisi cette plateforme parce qu’elle permet à nos étudiants – qui recueilleront des données d’observation sur les insectes dans les habitats de nidification et sur les fleurs – de partager leurs observations sur les organismes vivants qu’ils remarquent », dit Beauregard. « Au fil du temps, le suivi nous permettra de voir comment les ajustements apportés à l’aménagement paysager local peuvent le rendre plus favorable aux pollinisateurs et de mettre en œuvre ces changements. »

Et bien qu’il s’agisse avant tout d’une occasion passionnante de contribuer à la reconstitution de ces populations locales d’insectes essentiels, le projet offre en même temps aux étudiants du campus Macdonald la possibilité de prendre contact avec des étudiants du Collège John Abbott voisin et de leur servir de mentor, ajoute Beauregard. « Je voulais associer le Collège John Abbott, car j’estime que le rapprochement de nos deux communautés autour de notre vision commune de la création d’un campus plus durable est très prometteur. »

Shannon Coulter-Low, conseillère de vie étudiante en durabilité et entrepreneuriat social au Collège John Abbott, est du même avis. « L’initiative permettra aux étudiants de notre cégep d’acquérir une expérience pratique et de participer à la gestion du monde naturel au sein de leur communauté. »

Une entreprise collective

Le projet de pollinisation vise également à sensibiliser les communautés locales au rôle que jouent les abeilles et d’autres pollinisateurs indigènes dans l’environnement. Par ailleurs, il encourage les résidents du secteur à être utiles aux abeilles dans leurs jardins et à ajouter leurs propres observations au projet iNaturalist du campus.

« N’importe qui, sur le campus ou en dehors, peut contribuer à l’application à tout moment. D’ailleurs, nous encourageons les gens à le faire. D’abord, c’est amusant d’apprendre à connaître la nature qui nous entoure, et ensuite cela constitue une précieuse recension des types d’organismes qui y sont présents. On peut ensuite utiliser l’application pour comprendre et documenter les changements d’espèces au fil du temps », souligne Beauregard.

Le projet devrait être lancé à la fin du printemps ou au début de l’été 2021. Des écriteaux éducatifs seront ajoutés aux jardins de pollinisation existants tout au long de l’été. Ils expliqueront comment créer un paysage favorable aux abeilles et indiqueront aux étudiants et autres visiteurs du campus comment faire part de leurs observations au projet du campus Macdonald.

Le projet cherche en ce moment à recruter des étudiants de McGill avec une solide expérience en entomologie pour servir de bénévole auprès des étudiants de John Abbott durant l’initiative. Pour devenir bénévole, veuillez contacter Frieda Beauregard.

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