Lauréates 2021 des prix de la Faculté : les femmes en science à l’honneur

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Par Valerie Khayat

En 2021, la Faculté de médecine et des sciences de la santé de McGill a à nouveau récompensé de prix plusieurs de ses éminents membres. Cette année, les femmes en science et leurs travaux novateurs sont à l’honneur. Vu les restrictions imposées par la pandémie de COVID quant aux rassemblements sociaux, il n’y a pas eu de cérémonie, mais les lauréates de 2021 nous ont confié des réflexions sur ce qui nourrit leur passion pour le changement et l’innovation. Voici un portrait des lauréates et des prix.

Prix Maude-Abbott

La Faculté a institué le prix Maude-Abbott en 2010 afin de souligner les réalisations remarquables de professeures en début de carrière qui se distinguent par leur excellence et leur leadership en enseignement, en recherche ou en administration. Cette année, le leadership en administration a été mis en valeur. Par exception, le comité de sélection a retenu deux candidates qu’il estimait particulièrement dignes du prix. Les lauréates du prix Maude-Abbott en 2021 sont :

La Pre Lisa Münter, professeure agrégée au Département de pharmacologie et thérapeutique

La Pre Münter réalise de la recherche sur les voies moléculaires qui mènent à la maladie d’Alzheimer. Elle a obtenu un diplôme de Dr. rer. nat. en biochimie à la Freie Universität Berlin en 2007. Elle a passé ses années postdoctorales au Département de pathologie de l’Université de Melbourne et à la Freie Universität Berlin (2007-2012). Elle est entrée en fonction au Département de pharmacologie et thérapeutique en juin 2012 et a été promue professeure agrégée en juin 2019.

La Dre Samara Zavalkoff, professeure agrégée au Département de pédiatrie

La Dre Zavalkoff est pédiatre intensiviste et professeure agrégée au Département de pédiatrie à McGill. Elle a obtenu son diplôme de MDCM de l’Université McGill en 2003. Au terme de sa résidence en pédiatrie et en médecine de soins intensifs pédiatriques à McGill, elle a effectué un fellowship en médecine de soins intensifs pédiatriques au Royal Children’s Hospital, mondialement reconnu, à Melbourne, en Australie. Elle a intégré le corps professoral de la Faculté à McGill en 2010.

Prix Haile-T.-Debas

Ce prix a aussi été créé en 2010 afin de reconnaître les membres exceptionnels du corps professoral qui ont œuvré à la promotion de la diversité et à la création d’un environnement inclusif. Ce peut être en agissant comme modèle, en étant mentor ou mentore, ou en instaurant de nouvelles politiques favorisant la présence de minorités sous-représentées en formation au premier cycle et aux cycles supérieurs, ainsi que dans le recrutement, le maintien en fonction ou la promotion de membres du corps professoral.

Le prix Haile-T.-Debas 2021 est attribué à la Dre Anita Brown-Johnson, professeure adjointe, Département de médecine de famille

La Dre Brown-Johnson est professeure adjointe au Département de médecine de famille et membre associée à la Division de gériatrie du Département de médecine, ainsi qu’à la Faculté de médecine dentaire. Après avoir obtenu son diplôme de MDCM à l’Université McGill en 1988, elle y a également réalisé sa résidence en médecine de famille, qu’elle a complétée à l’Hôpital général de Montréal en 1990. Elle a effectué une formation en gériatrie parrainée par la bourse de la Légion royale canadienne au Baycrest Geriatric Centre de l’Université de Toronto en 1998. Elle a reçu le titre de Fellow du Collège des médecins de famille du Canada en 2005. En 2012, la Dre Brown-Johnson a terminé le Programme de développement du leadership de McGill. Elle a été nommée chef de la médecine familiale au Centre universitaire de santé McGill plus tôt cette année.

Prix Rosemary-Wedderburn-Brown

Institué en 2010, ce prix récompense des membres à temps plein du corps professoral des écoles professionnelles de la Faculté de médecine et des sciences de la santé (École des sciences de la communication humaine, École des sciences infirmières Ingram et École de physiothérapie et d’ergothérapie), qui affichent un remarquable potentiel scientifique et font preuve d’excellence en recherche en début de carrière.

Le prix Rosemary-Wedderburn-Brown 2021 est attribué à la Pre Noémie Auclair-Ouellet, professeure adjointe, École des sciences de la communication humaine

La Pre Noémie Auclair-Ouellet s’intéresse en recherche à des clientèles mal desservies, dont des personnes présentant une aphasie chronique ou une maladie neurodégénérative, et des adolescents et de jeunes adultes ayant des troubles de la communication. Elle est entrée à l’École des sciences de la communication humaine en tant que professeure adjointe à l’automne 2017. Elle détient une maîtrise clinique en orthophonie de l’Université Laval (Québec) et des doctorats de l’Université de Neuchâtel (sciences du langage et communication) et de l’Université Laval (médecine expérimentale). Elle a ensuite obtenu une bourse de perfectionnement postdoctoral des Instituts de recherche en santé du Canada à l’Hotchkiss Brain Institute de l’Université de Calgary.

Ouvrir la voie aux femmes en sciences

Selon les données de l’Institut de statistique de l’UNESCO, les femmes représentent moins de 30 % des chercheurs dans le monde en 2021[1]. Il est bien connu que certains domaines tels que les STIM demeurent majoritairement masculins, mais cette tendance est en train de changer grâce à diverses initiatives, dont certaines menées par les lauréates de cette année.

Selon la Pre Auclair-Ouellet, nous vivons une époque riche en possibilités de changement : « C’est passionnant d’être en recherche, de voir tous ces gens issus d’horizons divers unir leurs forces, apporter leurs points de vue et leurs perspectives. Je trouve que c’est très enrichissant et que nous en sortons tous grandis. » En évoquant son prix, la Dre Brown-Johnson a expliqué comment les valeurs qu’il célèbre sont essentielles à la poursuite de l’excellence : « l’équité, la diversité et l’inclusion doivent être adoptées pour orienter les meilleures pratiques en sciences et en médecine si nous voulons vraiment réaliser notre plein potentiel en tant que société, dans son ensemble. »

Solidarité et équité entre hommes et femmes

Alors que beaucoup de femmes continuent à ouvrir la voie à la prochaine génération, des prix tels que ceux-ci se veulent une forme de reconnaissance et un rappel de la nécessité de la diversité et de l’équité entre hommes et femmes. Ils contribuent également à une meilleure représentation, ce qui peut motiver davantage de femmes à poursuivre des carrières scientifiques et donner lieu à des conversations indispensables. La Pre Münter explique : « La représentation est capitale, en raison du facteur de communauté et de renforcement mutuel… avoir un groupe de femmes qui se rencontrent. Le fait de discuter ouvertement et franchement de sujets qui les préoccupent est tellement utile. »

La solidarité demeure également un élément crucial pour transformer les structures existantes afin de parvenir à l’équité entre hommes et femmes. Aux yeux de la Dre Zavalkoff, il ne s’agit pas d’apprendre à s’orienter dans le système, mais de le changer : « La cohabitation avec ce langage et ce comportement dure depuis si longtemps que beaucoup d’entre nous [en médecine] pensent que c’est ancré dans la culture… il s’agit d’examiner nos propres préjugés et de faire évoluer le système pour qu’il engendre la fonction [de changement vers l’équité entre hommes et femmes] ».

Tout en exprimant leur gratitude pour l’importante reconnaissance qui leur était accordée, les lauréates ont insisté sur la nécessité d’être une source d’inspiration pour que d’autres puissent s’épanouir. Comme l’a rappelé la Dre Brown-Johnson, « En poursuivant votre cheminement dans votre domaine, n’oubliez pas de redonner et de servir de modèle à autrui. »

 

Félicitations aux lauréates de 2021!

[1] http://uis.unesco.org/en/topic/women-science (consulté le 3 juin 2021)

 

Le 17 juin 2021

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