Morag Park nommée à l’Ordre national du Québec

En direct 2021

Par Marie Moucarry

Le premier ministre François Legault a annoncé aujourd’hui 43 nominations (35 reportées de 2020) à l’Ordre national du Québec, dont celle de la professeure Morag Park, directrice du Centre de recherche sur le cancer Rosalind et Morris Goodman (CRCG) de l’Université McGill, qui a été nommée chevalière. La candidature de la Pre Park a été proposée par Maryse Lassonde, présidente du Conseil supérieur de l’éducation du Québec, et appuyée par la Fondation cancer du sein du Québec, de concert avec la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université McGill et le CRCG.

La Pre Morag Park

« L’Université McGill est fière que le gouvernement du Québec ait choisi d’honorer la Pre Morag Park pour sa contribution remarquable à la recherche sur le cancer », a déclaré Martha Crago, vice-principale, Recherche et innovation à McGill. « Ses travaux ont amélioré notre compréhension du cancer et ont marqué la culture d’excellence en recherche au Québec. Mes plus sincères félicitations à la Pre Park, au nom de toute la communauté mcgilloise de la recherche. »

« C’est un grand honneur d’être nommée à l’Ordre national du Québec. Je suis reconnaissante envers mes extraordinaires collègues et étudiants du milieu de la santé et de la recherche qui m’ont soutenue au fil des ans et sans qui nous n’aurions pu accomplir tous les progrès réalisés jusqu’ici. Le combat contre le cancer est cependant loin d’être terminé, et l’appui à ces recherches est crucial, sans doute encore davantage alors que nous voyons la fin de la pandémie de COVID-19, qui a eu un impact sur les soins et la recherche en cancérologie, comme sur tant d’autres domaines », a dit la Pre Morag Park lors de sa nomination.

« Dès les débuts de sa carrière en tant que chercheure, la Fondation a cru aux projets de recherche de Pre Morag Park en lui octroyant sa toute première bourse de recherche en cancer du sein. Elle est une pionnière avec ses travaux sur le cancer du sein au Québec. Nous sommes fiers de la soutenir depuis ses débuts et de la reconnaissance qu’elle reçoit de la part de l’Ordre national du Québec » a déclaré Karine-Iseult Ippersiel, présidente-directrice générale de la Fondation cancer du sein du Québec.

Une chercheuse de renommée mondiale qui fait le pont entre laboratoire et milieu clinique

Pionnière, bâtisseuse et innovatrice, la Pre Park a réalisé en plus de 30 ans de carrière des avancées importantes sur plusieurs fronts en recherche sur le cancer, de l’échelle moléculaire aux interactions cellulaires complexes au sein des tissus qui dictent les mécanismes biologiques des cancers chez l’humain.

La trajectoire de la Pre Park s’est amorcée avec l’identification et la caractérisation d’un oncogène clé, celui du récepteur à activité tyrosine kinase (RTK) MET, alors qu’elle était chercheuse postdoctorale. Sur ces bases, elle a bâti un programme de recherche à l’excellence soutenue, développant des techniques élégantes de biologie moléculaire et cellulaire pour découvrir systématiquement des protéines et voies de signalisation importantes qui régissent l’expression fonctionnelle de MET et d’autres RTK qui sont désormais des cibles incontournables en médecine de précision pour de nombreux cancers. Cette approche novatrice, dont nombre d’autres équipes ont ensuite suivi l’exemple, a permis d’identifier les mécanismes moléculaires fondamentaux de l’activation aberrante des RTK, qui sont à l’origine de plusieurs types de cancers prévalents. Ces découvertes ont beaucoup approfondi notre compréhension de nombreux processus cruciaux qui sous-tendent le développement du cancer, dont la croissance, la prolifération, la survie, la motilité et l’invasion cellulaires, ainsi que les décisions clés du destin cellulaire.

Ces 20 dernières années, la Pre Park a aussi établi des programmes de recherche translationnelle qui se distinguent à l’échelle mondiale, dont des modèles précliniques innovants et de grandes banques de données et d’échantillons de patients, en particulier pour le cancer du sein. Ces projets reposent sur une collaboration multidisciplinaire entre des spécialistes en chirurgie, oncologie, pathologie et informatique, ainsi qu’entre équipes de recherche fondamentale et translationnelle, dans le cadre de son rôle de cochercheuse principale d’un réseau québécois de biobanques du cancer. Ses travaux ont aussi jeté une lumière nouvelle sur le rôle des cellules non tumorales, appelées « microenvironnement tumoral » dans le contexte du cancer du sein, un concept maintenant accepté pour de nombreux cancers. Plus récemment, les « biobanques vivantes » mises au point sous la direction de la Pre Park, qui contiennent des cellules et des tissus vivants prélevés lors d’interventions chirurgicales, ont permis de créer des modèles tumoraux dérivés de patients, afin de comprendre pourquoi certains patients ne répondent pas aux traitements et de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques.

Forte de son leadership et de son expertise dans le rapprochement entre le laboratoire et le milieu clinique, la Pre Park a tenu un rôle de premier plan au sein de consortiums cherchant à améliorer les résultats pour les patients atteints de cancer, en élargissant la portée de la médecine personnalisée. Citons notamment le Consortium québécois contre le cancer (CQC), qui réunit six grands hôpitaux de Montréal, des centres de recherche sur le cancer, des partenaires du secteur à but non lucratif et de l’industrie pharmaceutique, et la section au Québec du Réseau national de centres de cancérologie Marathon de l’espoir de l’Institut de recherche Terry Fox (MoHCCN).

Un riche héritage de reconnaissance

La Pre Park a reçu maints prix et honneurs, parmi lesquels le Prix Robert L. Noble de la Société canadienne du cancer (2017), la médaille d’or Arthur-Wynne de la Société canadienne des biosciences moléculaires (2016) et le Grand Prix scientifique de la Fondation cancer du sein du Québec (2019). Membre de la Société royale du Canada (2007) et de l’Académie canadienne des sciences de la santé (2017), elle a été élue présidente du Tumor Microenvironment Network (2015-2017) de l’American Association for Cancer Research (AACR). Ses mérites lui ont valu des nominations académiques au plus haut niveau, dont une chaire de professeure distinguée James-McGill (depuis 2020) et la Chaire de génétique moléculaire Diane et Sal Guerrera (depuis 2003). À l’échelle nationale, la Pre Park a mené, à titre de directrice scientifique de l’Institut du cancer des IRSC (2008-13), des initiatives clés sur la médecine personnalisée, l’initiation et la progression du cancer chez l’enfant, et le rôle du mode de vie et de l’environnement. Elle a aussi coprésidé l’Alliance canadienne pour la recherche sur le cancer (ACRC), où elle a dirigé l’élaboration du premier plan stratégique pancanadien de recherche sur le cancer. En 2015, l’ACRC lui a attribué, pour ce travail et ses autres efforts, le Prix du leadership exceptionnel en matière de recherche sur le cancer.

Toutes nos félicitations professeure Park!

Le 13 mai 2021

Comments are closed.