Une nouvelle étude par l’IR-CUSM permet d’approfondir notre compréhension de l’infertilité

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Une étape cruciale qui prépare l’ovule à la fécondation est révélée dans un article publié dans la revue Nature Communications.

Des images confocales des ovocytes dans l’article de Nature Communications. Laleh Abbassi, Ph. D., première auteure et Hugh Clarke, Ph. D., scientifique senior

SOURCE : IR-CUSM.

Publiée ce mois-ci dans Nature Communications, une nouvelle étude par des chercheurs de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) représente une étape importante pour comprendre l’infertilité. Menée par Hugh Clarke, Ph. D., scientifique senior à l’IR-CUSM, l’étude porte sur les voies hormonales déclenchant l’ovulation.

« Avant qu’un ovule ne puisse être fécondé, il doit d’abord subir un long développement — d’une durée de plusieurs mois chez l’humain — à l’intérieur d’un follicule dans l’ovaire », explique le Dr Hugh Clarke. Ce dernier est membre du Programme en santé de l’enfant et en développement humain (SEDH) et mène des études au Centre de biologie translationnelle à l’IR-CUSM. « Puis, précise-t-il, lors de l’ovulation, le contact entre l’ovule et les cellules folliculaires qui l’entourent doit être rompu afin d’ouvrir la voie aux spermatozoïdes et permettre la fécondation de l’ovule. Nous avons découvert le signal qui déclenche ce détachement, ainsi que le mécanisme par lequel il survient. »

« Le mécanisme rompant le contact entre l’ovule et le follicule était auparavant inconnu », explique Laleh Abbassi, Ph. D., première auteure de l’étude et ancienne étudiante aux cycles supérieurs à l’IR-CUSM. « Notre article démontre que l’hormone qui déclenche l’ovulation active également le processus rompant le contact entre l’ovule et les cellules folliculaires. »

« Le processus de rupture de contact entre l’ovule et les cellules folliculaires doit être finement régulé. Si le contact est rompu trop rapidement, l’ovule ne terminera pas son développement. S’il est rompu trop tardivement, l’ovule pourrait ne pas être fécondé. Notre étude précise les étapes importantes de ce processus et les voie de signalisations impliquées. » — Hugh Clarke

Les chercheurs ont découvert qu’une voie de signalisation qui s’active lors de l’ovulation et qui est connue sous le nom de la voie du récepteur du facteur de croissance épidermique (R-EGF) ordonne aux cellules folliculaires de se retirer de l’ovule. Le contact entre les deux types de cellules est ainsi rompu, par rétractation des structures les reliant, suite au remodelage du cytosquelette des cellules folliculaires. L’équipe de recherche fut surprise de découvrir que la décision de rompre le contact est entièrement prise par les cellules folliculaires, sans intervention de l’ovule.

Hugh Clarke ajoute : « Le processus de rupture de contact entre l’ovule et les cellules folliculaires doit être finement régulé. Si le contact est rompu trop rapidement, l’ovule ne terminera pas son développement. S’il est rompu trop tardivement, l’ovule pourrait ne pas être fécondé. Notre étude précise les étapes importantes de ce processus et les voie de signalisations impliquées. »

En identifiant de nouvelles étapes clés du processus par lequel l’ovule se détache des cellules folliculaires lors de l’ovulation, les résultats de cette étude pourraient mener à de nouveaux traitements contre l’infertilité.

À propos de l’étude:

Abbassi, L., El-Hayek, S., Carvalho, K.F. et al. Epidermal growth factor receptor signaling uncouples germ cells from the somatic follicular compartment at ovulation. Nat Commun 12, 1438 (2021). https://doi.org/10.1038/s41467-021-21644-z

Les auteurs remercient sincèrement les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et le Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies ainsi que l’IR-CUSM pour leur financement.

23 mars 2021

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