Un nouveau nom pour la faculté d’origine de McGill

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Accueillir le changement et endosser la pluridisciplinarité d’une communauté dynamique de professionnels de la santé et de chercheurs : la Faculté de médecine et des sciences de la santé célèbre sa (re)naissance

Par Gillian Woodford

Il y a déjà longtemps que la Faculté de médecine est bien plus qu’une école de médecine. Maintenant, son nouveau nom reflète cette réalité : bienvenue à la Faculté de médecine et des sciences de la santé.

Le changement de nom de la Faculté a été approuvé en avril par le Conseil des gouverneurs de McGill, en même temps que la création de deux nouvelles écoles au sein de celle-ci, au moment même où la pandémie frappait. En raison de préoccupations plus urgentes – à savoir les enjeux prioritaires que sont la pandémie et le racisme systémique –, l’annonce publique avait été reportée. Nous avons demandé au vice-principal (Santé et affaires médicales) et doyen de la Faculté de médecine et des sciences de la santé, le Dr David Eidelman, ainsi qu’à d’autres membres de la Faculté, ce que signifie ce nouveau nom pour eux.

Les questions fondamentales d’abord

« En vérité, quand je suis entré en fonction à titre de doyen, on parlait déjà de changer le nom de la Faculté », se souvient le Dr Eidelman, qui répond à nos questions par Zoom. « J’étais réticent à le faire à l’époque, car selon moi, il y avait beaucoup de questions fondamentales que la Faculté devait aborder avant de se tourner vers des aspects comme son nom. »

Une campagne massive de consultation a été menée, pour en arriver à un plan stratégique baptisé Projet Renaissance. « Nous avons vu et revu un certain nombre de fois notre façon de planifier et de mettre en place différents changements. Finalement, nous avons décidé qu’il était important que la structure de la Faculté reflète mieux qui nous sommes vraiment », explique le Dr Eidelman. « Par exemple, nous nous sommes demandé quels éléments de nos programmes de recherche avaient besoin de plus de soutien pour rester des chefs de file dans leur domaine. »

À partir de ces réflexions, nous avons défini une série d’initiatives visant les domaines cliniques et de recherche qui étaient mûrs pour occuper une plus grande place. « La santé mondiale et des populations était l’un de ces domaines, poursuit le Dr Eidelman. J’ai demandé à Gilles Paradis, qui était à l’époque directeur du Département d’épidémiologie, de biostatistique et de santé au travail, de mettre sur pied un groupe de travail afin de se pencher sur la question. Le groupe en est venu à la conclusion qu’il fallait davantage qu’une initiative, il fallait une école. C’est ce qui a mené à la création de l’École de santé des populations et de santé mondiale en 2016. »

« Naturellement, cela a amené à nous poser une autre question : “Que faire pour tous les autres?” », raconte le Dr Eidelman. « Il est devenu évident que les départements axés sur la recherche avaient aussi des besoins uniques, et que la structure organisationnelle en place ne permettait peut-être pas de bien y répondre. De plus, il nous semblait qu’il nous fallait une école, ou du moins une entité qui regrouperait ces départements. C’est ainsi qu’est née l’École des sciences biomédicales, créée en avril. »

La suite logique était la création de l’École de médecine, qui engloberait les prestigieux programmes d’études médicales de premier cycle et de formation médicale postdoctorale de la Faculté, en plus de ses activités de développement professionnel continu. La création de cette sixième école a également été approuvée en avril.

Nouvelle structure, nouveau nom

Avec l’ajout de ces deux nouvelles écoles, le moment était venu de réviser le nom de la Faculté.

Les raisons étaient nombreuses et excellentes. Le Dr Eidelman rappelle que l’École des sciences infirmières fait partie de la Faculté depuis 100 ans, l’École de physiothérapie et d’ergothérapie, depuis 77 ans et l’École des sciences de la communication humaine, depuis 57 ans. « Depuis des années, ces unités étaient des écoles et des départements rattachés à une école de médecine. Maintenant, notre nom reflète leur contribution importante au fil de toutes ces années. »

La transformation qui s’opère actuellement dans les domaines de la prestation des soins et de la recherche en santé est un autre argument convaincant en faveur de cette réorganisation. La recherche est de plus en plus alimentée par des ensembles de données considérables et le rôle des professionnels de la santé dans les contextes cliniques est en évolution. C’est pourquoi il est essentiel de mettre davantage l’accent sur l’interdisciplinarité et l’interprofessionnalisme, affirme le Dr Eidelman.

« Un changement de nom qui n’aurait pas été accompagné d’une modification des structures n’aurait été rien d’autre qu’un repositionnement de la marque, ajoute-t-il. Cette transformation de notre marque reflète plutôt une structure organisationnelle plus précise que la précédente et une conception plus sophistiquée de nos activités. »

Si certaines personnes s’inquiétaient du changement de nom en raison de l’importance historique de la Faculté de médecine en tant que première faculté de McGill, l’idée a rencontré moins d’opposition que le doyen ne l’aurait cru lorsque la communauté a été consultée l’automne dernier. « La majorité – 81 % – des répondants souhaitaient adopter le nom “Faculté de médecine et des sciences de la santé”. »

Et le Dr Eidelman? « Je penchais aussi pour “Faculté de médecine et des sciences de la santé”, dit-il. C’était une véritable affirmation de ce que nous sommes, sans renier complètement les 200 premières années de notre existence. J’étais aussi d’avis qu’avec “Faculté des sciences de la santé”, il manquait un élément important, sachant que notre bicentenaire approchait. Selon moi, il était important de rechercher l’équilibre entre notre passé et notre avenir, afin que les diplômés et la population générale nous reconnaissent toujours. »

Un changement bien accueilli

L’accueil des membres de la Faculté a été extrêmement positif.

Pour les étudiants, l’interprofessionnalisme représente l’avenir et ils sont enchantés que le nouveau nom reflète cette réalité. « Le changement de nom de la Faculté de médecine et des sciences de la santé est un jalon important pour les étudiants des programmes axés sur les professions de la santé », déclare Ariane Lasry, étudiante de quatrième année en médecine et coordonnatrice des communications externes de l’Association des étudiantes et étudiants en santé de McGill (MASH), qui rassemble des représentants étudiants de plus de 20 disciplines liées à la santé et des regroupements étudiants interprofessionnels afin de promouvoir l’interprofessionnalisme en santé. « C’est une reconnaissance, de la part de la Faculté, de ce que les étudiants de ces programmes savent déjà : les soins de santé dépendent d’un travail d’équipe qui s’appuie sur l’interprofessionnalisme. Nous sommes fiers de représenter cette faculté de McGill qui est en pleine évolution vers une représentation plus inclusive des soins de santé du XXIe siècle. »

Le Dr Gilles Paradis, professeur Strathcona au Département d’épidémiologie, de biostatistique et de santé au travail, voit dans ce nouveau nom un changement d’attitude envers la nature des soins de santé, et un ajustement qui nous recentre sur ce que nous faisons – et pour qui. « Qu’y a-t-il dans un nom? Beaucoup de choses! affirme le Dr Paradis. En intégrant explicitement le terme “sciences de la santé” dans le nouveau nom de la Faculté, nous exprimons son engagement ferme envers une éducation supérieure exhaustive, qui englobe toutes les sphères de la connaissance et de la société, pour promouvoir la santé, le bien-être et la prévention des maladies, réduire les inégalités où qu’elles soient dans le monde et avancer sans répit vers “la santé pour tous”, au Canada et partout sur la planète. »

Regarder vers l’avenir, sans oublier le passé

La nouvelle Faculté de médecine et des sciences de la santé a plus d’une raison de célébrer : le Campus Outaouais, où la formation médicale a lieu entièrement en français, a connu un lancement très réussi le mois dernier, l’École des sciences infirmières Ingram a eu 100 ans en juin, et en mars 2021, McGill et la Faculté célébreront leur bicentenaire. D’un autre côté, la pandémie et la question du racisme systémique nous rappellent cruellement que nous devons faire mieux et que nous devons toujours nous dépasser dans notre quête d’excellence, souligne le Dr Eidelman.

Il mentionne au passage que depuis le début, les chercheurs et cliniciens de la Faculté jouent un rôle de premier plan dans la lutte contre la pandémie, grâce à leurs recherches sur la COVID-19 et à leur travail sur la ligne de front, dans nos hôpitaux. Il ajoute que depuis le meurtre tragique de George Floyd, la Faculté a entrepris des consultations et tenu des assemblées publiques, avec les conseils des membres de la communauté noire et de son Bureau de la responsabilité sociale et de l’engagement communautaire. La Faculté arrimera son plan à celui de l’université, attendu à la fin du mois.

Le Dr Eidelman, dont le deuxième mandat à titre de doyen se terminera l’an prochain, entrevoit avec optimisme le nouvel avenir de cette Faculté réinventée, malgré le contexte particulier que nous connaissons. « Nous avons une organisation hautement résiliente, de celles qui ne se contentent pas de survivre à l’adversité, mais qui se découvrent de nouvelles forces, assure-t-il. En repensant aux dernières années et à la quantité de défis que nous avons affrontés – parfois internes, parfois externes, certains dont nous étions responsables et d’autres hors de notre contrôle – je constate que nous nous sommes constamment montrés à la hauteur, pour ressortir des moments difficiles plus forts, meilleurs, plus efficaces, plus efficients et avec une longueur d’avance. Je suis convaincu qu’au terme de cette année hors de l’ordinaire, nous serons encore plus solides qu’au début. Cela ne veut pas dire que ce sera facile. Cela ne veut pas dire que tout ira à merveille. Mais je suis persuadé que nous en ressortirons plus forts, parce que je connais les gens de cette Faculté. »

 

Voici ce que pensent nos directeurs, directrices, vice-doyens et vice-doyennes du nouveau nom de la Faculté

(Photos: Owen Egan/Joni Dufour)

Le 25 septembre 2020

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