Le Sénat de McGill approuve le nouveau programme de doctorat de l’Institut d’éducation en sciences de la santé

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Un an après avoir obtenu le statut d’institut offrant des grades, l’IÉSS est prêt à lancer son premier programme d’études supérieures

Gillian Woodford

Le premier programme de l’Institut d’éducation en sciences de la santé (IÉSS) menant à un grade supérieur, un doctorat en éducation en sciences de la santé, vient d’être approuvé par le Sénat de McGill. En annonçant la mise sur pied de ce nouveau programme au printemps dernier, la Faculté de médecine et des sciences de la santé a réalisé une aspiration qui existait de longue date, dans le cadre de son plan stratégique en matière d’éducation.

L’IÉSS, qui succède au réputé Centre d’éducation médicale de McGill fondé en 1975, célébrait son premier anniversaire en juin dernier. « L’une des raisons pour lesquelles nous avons choisi, il y a un an, de transformer notre centre en institut, est que nous aurions ainsi la capacité d’offrir des programmes d’études supérieures axés sur l’éducation en sciences de la santé, explique Yvonne Steinert, Ph. D., directrice de l’IÉSS et professeure en médecine de famille et en éducation en sciences de la santé. Il s’agira du premier programme de doctorat en éducation en sciences de la santé au Canada et au Québec qui sera offert à partir d’une unité consacrée à ce champ d’activité. Nous sommes emballés par tout le potentiel de ce programme. » La prochaine étape consiste à obtenir les approbations gouvernementales.

Peter Nugus, Ph. D., directeur associé (programmes d’études supérieures) et professeur agrégé à l’IÉSS, ainsi que Leah Moss, Ph. D., conseillère principale du vice-principal (Santé et affaires médicales) et doyen de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université McGill, coprésidaient le comité de création du doctorat qui a élaboré le programme et porté le projet pendant tout le processus d’approbation. « Je voudrais également remercier Josephine Nalbantoglu, Ph. D., doyenne des études supérieures et postdoctorales, et Chloe Garcia, Ph. D., agente des affaires professorales des études supérieures et postdoctorales, sans qui nous n’aurions pas accompli tout ce travail dans les délais », souligne la Pre Steinert.

En tête de peloton

« L’éducation en sciences de la santé est un domaine en plein essor depuis quelques années et nous sommes très fiers de prendre la tête du peloton, explique le Pr Nugus. Les gens comprennent maintenant que l’idée de l’éducation dans le contexte des soins de santé est très, très importante. Cette prise de conscience arrive à un moment idéal pour que McGill, forte de sa réputation internationale exceptionnelle, puisse en tirer parti. »

En examinant l’offre d’établissements ailleurs dans le monde, le Pr Nugus et Mme Moss ont découvert qu’il existait environ 147 programmes de maîtrise, mais seulement 24 programmes de doctorat en éducation en sciences de la santé. C’est ce qui a motivé l’IÉSS à offrir un doctorat comme premier grade supérieur. Selon le Pr Nugus, le programme comblera d’importantes lacunes dans le domaine de l’éducation en sciences de la santé, de même que dans l’approche appliquée à la recherche en sciences de la santé. « L’un des rôles de l’Institut consiste à accélérer la maturation intellectuelle des domaines de l’éducation liés aux sciences de la santé et aux professions de la santé, indique-t-il. On trouve dans la littérature des appels formels à une formation plus structurée au sein des programmes de recherche touchant ces domaines. » Il ajoute que puisque beaucoup de professions de la santé (soins infirmiers, médecine, etc.) n’étaient pas des disciplines universitaires à l’origine, mais plutôt des métiers, l’approche en recherche pédagogique y est parfois moins structurée. Le nouveau programme s’attaquera directement à ce problème.

« L’une des innovations que nous introduisons est l’exigence d’un certain degré de raffinement théorique de la part des étudiants dans la formulation d’une thèse et d’une argumentation qui tiennent compte de divers points de vue, explique le Pr Nugus. L’interdisciplinarité et le raffinement théorique sont les marques distinctives du nouveau programme de doctorat. »

Le Pr Nugus explique que les étudiants invités à présenter leur candidature peuvent venir de n’importe quelle discipline – arts, sciences sociales, génie, sciences de la santé, etc. « Nous nous attendons à ce que les candidats possèdent une maîtrise, mais les étudiants de tous les horizons seront bienvenus, à condition qu’ils s’intéressent manifestement à un sujet qui relève de l’éducation en sciences de la santé », souligne le Pr Nugus, qui ajoute qu’en raison du caractère unique du programme et de la réputation de l’Institut, l’établissement s’attend à attirer un bon nombre de candidats de l’étranger, en plus de ceux du Québec et du Canada. Le programme comprendra des examens de synthèse, ainsi que des cours obligatoires sur les méthodologies de recherche. « Il y aura également deux cours de base. L’un s’appelle “conception de recherche” et portera sur la façon de produire une thèse, une argumentation et un article bien structurés, mentionne le Pr Nugus. L’autre cours, intitulé “thèmes complexes”, portera sur tout un éventail de sujets, comme l’évaluation des apprentissages et des programmes, la gouvernance en éducation et l’apprentissage en milieu de travail, qui occupent peu de place dans les programmes et dans la formation par l’exemple. »

« L’importance d’un programme de doctorat en éducation en sciences de la santé est indéniable dans le contexte actuel, affirme la Pre Steinert. La pandémie de COVID-19 a forcé les universitaires à trouver des solutions novatrices pour enseigner l’éducation en sciences de la santé. Nous constatons également que l’équité et la diversité font l’objet d’une attention renouvelée dans les programmes d’enseignement et les milieux de travail. Il faut une approche didactique rigoureuse pour comprendre certains des phénomènes que nous vivons en ce moment et qui évoluent rapidement, et pour planifier la suite des choses. Nous avons bon espoir que ce nouveau grade d’études supérieures contribuera à l’atteinte de ces objectifs. »

 

Le 10 septembre 2020

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