Un essai clinique sur l’hydroxychloroquine en traitement précoce de la COVID-19 ne montre aucun bénéfice symptomatique pour les patients

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Les adultes non-hospitalisés présentant des symptômes légers de COVID-19 ne bénéficient pas de la prise d’hydroxychloroquine

 

Source : CUSM

Une nouvelle étude montre que les adultes non-hospitalisés présentant des symptômes légers de COVID-19 ne bénéficient pas de la prise d’hydroxychloroquine (HCQ). Les résultats du deuxième volet d’un essai clinique randomisé mené à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) et coordonné avec une étude menée par l’Université du Minnesota sont publiés aujourd’hui dans Annals of Internal Medicine.

La Dre Emily McDonald est membre du Programme en maladies infectieuses et immunité en santé mondiale à l’Institut de recherche du CUSM, et elle mène ses recherches au Centre de recherche évaluative en santé.

L’équipe de chercheurs a évalué si l’administration d’HCQ à des adultes en auto-isolement, dans les premiers jours des symptômes associés à une COVID-19 légère et précoce, pouvait réduire la gravité et la durée des symptômes, et prévenir les hospitalisations.

« Notre conclusion est que l’HCQ n’était pas meilleure qu’un placebo pour aider les gens à se sentir mieux », déclare la Dre Emily McDonald, chercheuse à l’IR-CUSM, directrice de l’Unité d’évaluation des pratiques cliniques du CUSM et co-auteure de l’étude.

Dans cette étude, des adultes symptomatiques non hospitalisés présentant un cas confirmé en laboratoire ou probable de COVID-19 ont reçu au hasard soit de l’hydroxychloroquine par voie orale à raison de 800 mg une fois, suivie de 600 mg en six à huit heures, puis 600 mg par jour pendant quatre jours supplémentaires, soit un placebo masqué. Sur les 423 patients pour lesquels les données associées aux critères évalués étaient disponibles, 82 % avaient une infection confirmée en laboratoire, et 56 % ont été recrutés dans la journée suivant le début des symptômes. L’évolution de la gravité des symptômes sur 14 jours n’a pas été différente entre les groupes prenant l’hydroxychloroquine et le placebo. Au bout de 14 jours, 24 % des patients recevant de l’hydroxychloroquine présentaient des symptômes persistants, contre 30 % pour le groupe placebo. Les effets secondaires étaient légers, mais plus fréquents avec l’hydroxychloroquine qu’avec le placebo. Les chercheurs notent que l’étude a été limitée par la capacité de dépistage limitée aux États-Unis et les difficultés de recrutement pour les essais sur l’hydroxychloroquine. Seuls 58 % des participants ont subi le test pour le SARS-CoV-2.

« Ces résultats pourraient ne pas indiquer si un effet serait observé dans les populations à risque élevé de développer une COVID-19 grave, et l’étude n’était pas assez importante pour écarter une différence dans le taux d’hospitalisation », déclare le Dr Matthew Cheng, co-auteur de l’étude et professeur adjoint de médecine, Division des maladies infectieuses de l’Université McGill.

Le Dr Todd C. Lee est membre du Programme en maladies infectieuses et immunité en santé mondiale à l’Institut de recherche du CUSM, et il mène ses recherches au Centre de recherche évaluative en santé

« Nous continuons le recrutement pour un essai qui vise à vérifier si l’administration précoce d’HCQ est efficace pour prévenir l’hospitalisation, parce que nous pensons que cela reste une question importante et parce que les premières données suggéraient que cela pourrait encore être bénéfique », déclare le Dr Todd Lee, chercheur principal dans cette étude au Canada, scientifique à l’IR-CUSM et professeur agrégé de médecine, Division des maladies infectieuses à l’Université McGill. « Cependant, en raison du nombre relativement faible de participants depuis juin, nous faisons partie d’un groupe qui envisage de fusionner les principaux essais sur l’HCQ dans le monde entier pour mettre en commun les données afin de trouver la réponse pour l’hospitalisation ».

À propos de l’étude

L’étude « Hydroxychloroquine in non-hospitalized adults with early COVID-19: a randomized trial » a été menée aux États-Unis par l’Université du Minnesota et au Canada par l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill, l’Université du Manitoba et l’Université de l’Alberta. Les auteurs sont Caleb P. Skipper, Katelyn A. Pastick, Nicole W Engen, Ananta S. Bangdiwala, Mahsa Abassi, Sarah M. Lofgren, Darlisha A Williams, Elizabeth C. Okafor, Matthew F. Pullen, Melanie R. Nicol, Alanna A. Nascene, Kathy H. Hullsiek, Matthew P. Cheng, Darlette Luke, Sylvain A. Lother, Lauren J. MacKenzie, Glen Drobot, Lauren E. Kelly, Ilan S. Schwartz, Ryan Zarychanski, Emily G. McDonald, Todd C. Lee, Radha Rajasingham et David R. Boulware.

Ces travaux ont été rendus possibles grâce au financement de l’Unité d’évaluation des pratiques cliniques du CUSM et sont parmi les programmes de recherche essentiels soutenus par l’Initiative interdisciplinaire de McGill en infectiologie et immunité (MI4), qui ont bénéficié d’un financement de démarrage de la Fondation du CUSM. L’hydroxychloroquine utilisée a été offerte par Apotex Incorporated. Les chercheurs souhaitent remercier tous les volontaires qui ont participé à cette étude.

Lire les résultats du premier volet de l’essai clinique.

 

 

Le 21 juillet 2020

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