Traitement à la rifampicine pour la tuberculose latente : Plus court et plus sûr que le traitement standard, mais aussi moins cher

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Une nouvelle étude montre que le traitement à la rifampicine est moins dispendieux que celui à l’isoniazide pour la tuberculose latente

 

Dr Dick Menzies

Source: IR-CUSM

Dans une étude comparative des coûts publiée le 16 juin 2020 dans Annals of Internal Medicine, une équipe de chercheurs dirigée par le Dr Dick Menzies a établi qu’un traitement de quatre mois à la rifampicine était moins cher qu’un traitement de neuf mois à l’isoniazide, qui est la norme de traitement dans la plupart des pays pour une infection tuberculeuse latente. Cette conclusion vient s’ajouter aux résultats déjà publiés selon lesquels un traitement de quatre mois à la rifampicine est aussi efficace qu’un traitement de six ou neuf mois à l’isoniazide, tout en étant nettement plus sûr et plus susceptible d’être mené à terme. Ces résultats sont susceptibles de modifier la manière dont la tuberculose latente est traitée.

L’équipe de chercheurs a étudié les données de deux essais cliniques randomisés multicentriques menés chez des adultes et des enfants présentant des facteurs de risque de développer la tuberculose. Ils ont comparé l’utilisation des soins de santé et les coûts associés au traitement avec 4 mois de rifampicine et neuf mois d’isoniazide. L’analyse a indiqué que le traitement de l’infection latente de la tuberculose avec quatre mois de rifampicine entraînait une utilisation moindre des services de santé et des coûts significativement inférieurs qu’avec un traitement d’une durée de neuf mois à l’isoniazide, tant pour les adultes que pour les enfants. Ces essais ont été réalisés avec des participants issus de divers milieux de traitement dans neuf pays. Selon les chercheurs, ces résultats suggèrent que les programmes de lutte contre la tuberculose dans tous les pays devraient envisager l’adoption du régime de rifampicine de quatre mois comme traitement de première ligne pour l’infection tuberculeuse latente.

« Dans cette étude, nous avons comparé les coûts des deux traitements du point de vue du système de santé, car les décideurs politiques ne tiennent pas uniquement compte de l’efficacité des traitements lorsqu’ils en adoptent de nouveaux, mais aussi de leur caractère abordable », explique le Dr Menzies.

« Un obstacle majeur à l’utilisation de la rifampicine pour la prévention de la tuberculose est le coût des comprimés de rifampicine, qui est généralement plus élevé que celui des comprimés d’isoniazide, ajoute Mayara Bastos, première auteure de l’étude. Cependant, nous avons constaté que le coût des comprimés était compensé par une utilisation réduite des soins de santé (par exemple, moins de visites et de tests) avec le régime plus court – et cela était vrai dans les pays à faible et moyen revenu. »

Selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé, environ un quart de la population mondiale est atteinte d’une infection tuberculeuse latente. Si elle n’est pas traitée, 10 % de ces 1,7 milliard de personnes développeront la maladie. Le traitement de l’infection tuberculeuse latente n’est pas nouveau. Il est prouvé depuis longtemps qu’une monothérapie à l’isoniazide pendant six à douze mois réduit jusqu’à 90 % le risque de développer une tuberculose active. Cependant, la longue durée du traitement et la crainte d’effets indésirables graves, voire mortels, ont limité l’acceptation et l’achèvement du traitement.

« Il n’y a pas de temps à perdre; les arguments en faveur de la rifampicine sont solides, déclare le Dr Menzies. Nous pensons qu’il est temps pour les décideurs politiques et les programmes de lutte contre la tuberculose de faire de la rifampicine une option de traitement préventif de première ligne pour la tuberculose ».

À propos de l’étude
L’étude Health System Costs of Treating Latent Tuberculosis Infection With Four Months of Rifampin Versus Nine Months of Isoniazid in Different Settings a été réalisée par Mayara Lisboa Bastos, MD, MSc, Jonathon R. Campbell, PhD, Olivia Oxlade, PhD, Menonli Adjobimey, MD, MPH, Anete Trajman, MD, PhD, Rovina Ruslami, MD, PhD, Hee Jin Kim, MD, Joseph Obeng Baah, MD, MPH, DThM, Brett G. Toelle, PhD, Richard Long, MD, Vernon Hoeppner, MD, Kevin Elwood, MD, Hamdan Al-Jahdali, MD, Lika Apriani, MD, PhD, Andrea Benedetti, PhD, Kevin Schwartzman, MD, MPH and Dick Menzies, MD, MSc. DOI: https://doi.org/10.7326/M19-3741

 

 

 

Le 18 juin 2020

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