Un projet étudiant encourage les jeunes de quartiers défavorisés à devenir professionnels de la santé

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Des étudiants en médecine créent des ateliers interactifs pour les élèves du secondaire

Par Lisa Dutton

Depuis quelques années, les facultés de médecine canadiennes déploient des efforts pour que les cohortes de médecins en formation reflètent mieux la diversité de la population. Des initiatives de recrutement sont en cours auprès de groupes traditionnellement sous-représentés en médecine, dont les étudiants autochtones, les étudiants noirs et les étudiants de milieux défavorisés. Ces efforts portent leurs fruits : l’effectif étudiant en médecine à McGill et partout au pays devient de plus en plus représentatif des populations qu’il vise à servir. Cette diversité est une excellente nouvelle pour tous, puisqu’on sait que les professionnels de la santé issus d’horizons divers sont plus à même de comprendre les besoins, les inquiétudes et les difficultés d’accès aux soins que vivent certains de leurs patients.

À McGill, Sami Chergui et Antoine Denis, étudiants en deuxième année de médecine, font leur part pour encourager les jeunes de quartiers montréalais au statut socioéconomique (SSE) plus faible à viser une carrière en santé. Ensemble, ils ont lancé le programme AIM (Academic Immersion in Medicine) pour motiver des élèves du secondaire à envisager des études en médecine, en sciences infirmières, en physiothérapie ou dans d’autres professions de la santé.

Sami et Antoine ont créé des ateliers interactifs et des simulations immersives en soins d’urgence à l’intention des élèves de 3e à 5e secondaire. Jusqu’à maintenant, avec une poignée de bénévoles, ils ont présenté l’activité à 200 élèves, dans trois écoles montréalaises. L’atelier comprend une simulation permettant aux élèves de s’exercer aux techniques de suture et d’échographie, suivie d’une brève présentation sur les différentes carrières en santé et les parcours universitaires possibles. Les animateurs répondent ensuite aux questions des jeunes et de leurs enseignants.

« La grande majorité des élèves participent avec beaucoup d’enthousiasme parce que l’atelier leur permet, en leurs mots, de “faire comme dans Grey’s Anatomy”. C’est amusant de les voir se donner des défis pour faire de plus belles sutures que leurs amis, dit Sami. Étonnamment, l’atelier sur l’échographie est encore plus populaire que celui sur les sutures. Les élèves aiment beaucoup voir les organes qu’ils ont étudiés dans leurs cours de biologie. »

Antoine explique l’origine du projet : « Nous avons remarqué que certains groupes, comme les personnes de milieux à faible SSE et certaines minorités, sont souvent sous-représentés en médecine. Les études montrent aussi que les élèves de quartiers à faible SSE sont “plus susceptibles d’associer les études de médecine à l’élitisme et à voir la médecine comme inatteignable pour des gens dans leur situation” (Richardson 2009). Nous avons pensé que le manque de diversité dans les programmes de médecine risque de produire des finissants qui ont de la difficulté à entrer en relation avec certaines populations de patients. C’est pourquoi nous avons cru bon d’essayer d’encourager les élèves du secondaire de quartiers montréalais défavorisés à s’orienter vers un domaine de la santé. »

« Des activités communautaires comme celle que Sami et Antoine ont mise sur pied sont essentielles pour assurer l’équité à la Faculté de médecine, mais bénéficieront aussi aux patients dans l’avenir », explique la professeure Nicole Li-Jessen, présidente du Comité d’expansion de la participation du Bureau de la responsabilité sociale et de l’engagement communautaire (RSEC) de McGill.

Pascale Caidor, Ph. D., agente de la diversité et de l’engagement communautaire au Bureau RSEC, précise que les médecins issus de milieux à faible SSE sont plus susceptibles de se spécialiser en soins de première ligne et de choisir de travailler auprès de populations mal desservies. De plus, les médecins qui sont pleinement engagés dans la communauté qu’ils servent saisissent plus facilement les priorités de leurs patients en matière de santé et sont plus portés à incorporer ces enjeux dans leur enseignement et dans leurs projets de recherche.

Croissance rapide et recrutement en cours

La popularité des ateliers ayant dépassé les attentes de leurs deux créateurs, les étudiants bénévoles du projet peinent déjà à répondre à la demande des écoles. Pour maintenir et augmenter la capacité du programme, l’équipe cherche maintenant à recruter des animateurs bénévoles de tous les programmes professionnels de la Faculté de médecine.

« Nous cherchons environ cinq bénévoles qui pourront s’engager à long terme et aider à organiser les ateliers. Nous souhaitons aussi recruter au moins dix personnes pour donner les ateliers dans les écoles. Peu importe le temps que vous avez à consacrer au projet, votre aide est la bienvenue », dit Sami.

Si vous souhaitez participer au projet et aider à susciter l’intérêt des jeunes pour les professions de la santé, contactez Sami et Antoine à aim.mcgill.medicine@gmail.com.

Découvrez tous les programmes d’équité et de diversité du Bureau RSEC.

 

 

 

 

Le 6 février 2020

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