De meilleures lignes directrices pour les patients souffrant de saignements gastro-intestinaux pourraient réduire la pression sur les urgences

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Source : CUSM

Le saignement du tractus gastro-intestinal (GI) supérieur est une hémorragie interne aiguë qui touche principalement les personnes de plus de 50 ans et qui est le plus souvent causé par des ulcères. C’est un problème de santé courant qui envoie souvent les patients à l’urgence. Sous la gouverne du Dr Allan Barkun, scientifique chevronné du Programme de recherche : blessure, réparation, récupération à l’IR-CUSM et directeur de l’endoscopie thérapeutique au Centre universitaire de santé McGill (CUSM), un groupe d’experts du monde entier a formulé des lignes directrices multidisciplinaires internationales pour la prise en charge des patients présentant un saignement non variqueux du tractus gastro-intestinal supérieur.

« Le renvoi des patients à la maison est un sujet délicat qui n’avait pas encore été abordé officiellement, explique le Dr Barkun. Nous avons décidé de prendre le taureau par les cornes. Aujourd’hui, nous savons que la gastroscopie, l’examen de l’intestin supérieur avec un endoscope, peut parfois être faite le lendemain en clinique externe, ce qui réduit la pression sur les urgences. »

Les lignes directrices multidisciplinaires ont redéfini les meilleures pratiques à mettre en œuvre avant, pendant et après l’endoscopie pour les patients souffrant de saignements du tractus GI supérieur. Parmi les divers sujets abordés dans les lignes directrices, il y a lieu de s’intéresser aux recommandations suivantes :

  • Quand renvoyer les patients chez eux
  • Quand effectuer l’endoscopie
  • Traitement d’un saignement GI supérieur avec des poudres hémostatiques (c.‑à‑d. pulvérisation)
  • Quand administrer une prophylaxie secondaire (c.‑à‑d. médicament préventif)

En ce qui concerne les patients qui doivent être hospitalisés en raison d’un saignement GI supérieur, on a jugé que la gastroscopie ne devait pas être effectuée trop tôt. Les patients les plus malades doivent d’abord recevoir du sang et des produits sanguins pour rétablir un volume intravasculaire adéquat (c.‑à‑d. réanimation) et ainsi éviter les complications cardiovasculaires et respiratoires d’une intervention.

« Au CUSM, il n’y a pas de problème à faire un examen exploratoire trop tôt. Cependant, la littérature médicale montre que ça peut poser problème dans des hôpitaux ailleurs dans le monde. À l’échelle internationale, ces nouvelles lignes directrices pourraient sauver des vies. »

L’utilisation de poudres hémostatiques (c.‑à‑d. utiliser un pulvérisateur pour arrêter le saignement) est de plus en plus répandue dans le monde. Le problème, c’est que de nombreux médecins ne savent pas quand il faut – et ne faut pas – les utiliser.

« La méthode de pulvérisation est utilisée au Canada depuis de nombreuses années, mais aux États-Unis et dans d’autres pays, elle est relativement nouvelle. Les nouvelles lignes directrices permettront d’éliminer certaines utilisations abusives qui ont été faites de cette méthode », dit le Dr Barkun.

Le Dr Barkun est particulièrement intéressé par l’utilisation d’une prophylaxie secondaire (c.‑à‑d. un médicament destiné à prévenir les épisodes de saignement).

« Qui devrait recevoir d’autres médicaments pour prévenir d’éventuels épisodes de saignements? C’est une question extrêmement importante qui est abordée dans les lignes directrices. »

En définitive, le Dr Barkun espère que les nouvelles lignes directrices amélioreront la prise en charge des patients pendant leur séjour à l’hôpital et limiteront la récurrence des saignements quand ils le quitteront.

 

Le 21 novembre 2019

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