Pleins feux sur le corps professoral en sciences infirmières à l’Université McGill : Oxana Kapoustina

En direct 2019

Par Christina Kozakiewicz, École des sciences infirmières Ingram

Notre corps professoral est l’âme de l’École des sciences infirmières Ingram (ÉSII). Découvrez nos pédagogues mcgillois grâce aux portraits de cette chronique. Dans le présent profil, Oxana Kapoustina témoigne de sa passion notamment pour sa profession et l’enseignement. Avant d’être chargée de cours à temps plein à l’ÉSII en 2018, Oxana a travaillé comme infirmière clinicienne au service des urgences du Centre universitaire de santé McGill (site Glen) où elle a participé activement à des activités d’orientation en éducation et en soins infirmiers. Elle pratique toujours au service des urgences et détient la certification d’infirmière en soins d’urgence de l’AIIC.

Pourquoi avez-vous choisi de devenir infirmière?

Les réponses aux questions « pourquoi avoir choisi de faire carrière en sciences infirmières? » et « pourquoi êtes-vous une infirmière aujourd’hui? » sont très différentes.

J’ai su très jeune que je travaillerais dans le domaine de la santé. Je me revois, à l’âge de cinq ans, en train de façonner des animaux en pâte à modeler auxquels je donnais des injections pour qu’ils « se sentent mieux ». Ce désir profond d’améliorer les choses et mon intérêt pour tout ce qui touche la science m’ont menée à une carrière en soins infirmiers.

Ma formation est variée. Après mes études dans une école secondaire spécialisée et axée sur les arts, je me suis intéressée à la physiologie et aux sciences environnementales pendant mon baccalauréat, puis à la biochimie lors de ma première maîtrise, mais c’est finalement la profession d’infirmière qui m’a attirée. Elle répondait à ma soif de connaissances sur le corps humain, son anatomie, sa physiologie, sa psychologie et bien plus encore, car en sciences infirmières, l’acquisition de savoirs est incessante. Bien sûr, j’estimais aussi que je faisais une différence.

Les infirmières et les infirmiers ont la faculté innée d’être des leviers de changement positif dans la vie de familles. Une qualité que j’ai bien saisie seulement après quelques années d’exercice et qui a transformé mon affection pour mon travail en passion pour ma profession et en engagement à vie. J’ai pris conscience de l’humanité de la profession d’infirmière et du grand privilège d’être avec les patients et les familles, d’être admis dans leur vie et de pouvoir faire une différence : être un pilier pour quelqu’un qui a peur, lui murmurer des mots d’encouragement ou lui tenir la main en période difficile. C’est alors que ma profession a pris tout son sens : une vocation, un engagement envers la guérison et le maintien de l’humanité dans des lieux qui semblent nous en dépouiller tout à fait. Voilà pourquoi je suis une infirmière aujourd’hui.

Je peux tout conjuguer grâce à ma profession : apprendre, donner toute la mesure de mes connaissances et canaliser mon sens artistique et ma créativité dans les soins que je prodigue (qu’il s’agisse de déterminer comment placer les choses dans ma chambre, comment parler à une famille ou comment organiser un projet particulier de recherche). Cette profession nourrit mon humanité et me comble, tous les jours.

Quel est votre domaine de compétence ou votre spécialisation, et pourquoi?

Je suis une infirmière de soins intensifs dans l’âme. J’ai commencé à travailler dès l’obtention de mon diplôme au service des urgences de l’Hôpital Royal Victoria. Le rythme me plaisait; j’aimais l’environnement de haute technologie qui, malgré sa nature très exigeante, me permettait d’explorer tout mon potentiel par une réflexion indépendante et ma vivacité d’esprit. J’ai aussi pu travailler avec une équipe extraordinaire de divers professionnels, tous acquis à leur travail. Pour une nouvelle diplômée, le domaine était plein de défis et stimulant. J’aimais aussi pouvoir prendre des mesures concrètes pour résoudre des problèmes et en voir les résultats immédiats. L’expérience a enrichi ma vision des soins infirmiers à l’urgence et m’a fait prendre la mesure de ce qu’on entend par être une présence pour les patients et les familles en temps de crise. Je suis d’abord devenue une infirmière en soins d’urgence pour les possibilités d’apprendre et les défis indissociables de cette pratique. Aujourd’hui, des années plus tard, je suis une infirmière en soins d’urgence parce que j’ai ainsi la chance d’aider des patients et des familles en période de bouleversement et de fébrilité, et de les soutenir quand ils perdent pied.

Qu’est-ce qui vous a motivée à faire partie du corps professoral de l’ÉSII?

À mes yeux, m’intégrer au corps professoral de l’ÉSII correspondait à retrouver mon port d’attache. Alors que j’y effectuais ma maîtrise, je me rappelle avoir envisagé de revenir un jour à l’École pour contribuer à l’érudition et à la recherche. Après moult années à exercer ma profession et à m’investir dans des activités de recherche, je me sentais prête. Aujourd’hui, en tant que membre du corps professoral de l’ÉSII, j’ai la chance inouïe d’aider à développer et à améliorer la pratique infirmière par mon enseignement et mes contributions au développement de notre contenu pédagogique en soins intensifs.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre travail?

J’aime ses multiples possibilités en recherche, en enseignement et en pratique des soins infirmiers. Elle me permet de continuer à enrichir mes connaissances, d’apporter des changements à la vie de patients et de familles, et de constater la portée positive de nos actions.

Qu’aimeriez-vous que les gens sachent au sujet de la profession infirmière en général?

À la différence de professions favorisant davantage l’individualisme, être infirmière suppose des interrelations, le travail avec des gens – des patients, des familles et des membres du domaine de la santé. Pour exercer cette profession de façon efficace, il faut apprendre à reconnaître et à respecter les subtilités de relations interpersonnelles et à admirer l’infinie faculté de chaque personne à guérir.

 

Le 12 avril 2019

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