C’est un au revoir, mais pas un adieu, pour les étudiants d’été de l’IR-CUSM

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Texte et photos : Alison Burch, IR- CUSM

Ils sont des élèves au secondaire à Montréal, des résidents en médecine internationaux ou tout autre type d’étudiant entre les deux. L’expérience en recherche qu’ils ont acquise cet été pourrait aider à développer un prototype de logiciel, un outil pour la recherche sur la vision ou une méthode computationnelle afin de localiser les neurones dans le cerveau.

Alors que l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) dit au revoir à une autre grande cohorte d’étudiants d’été et de bénévoles, il est évident que les avantages sont des deux côtés; pour les hôtes, mais également pour les stagiaires venus mener un projet dans un grand laboratoire de recherche.

Un projet qui a fait une différence pour les patients atteints du cancer

« Ce que j’apprécie le plus est non seulement d’apprendre davantage de choses, mais d’apprendre comment elles sont applicables dans la vie de tous les jours, dit Briana Cabral, une étudiante au premier cycle à l’Université McGill. Il est toujours intéressant d’apprendre de nouvelles choses, mais lorsqu’il est possible de les appliquer et de voir qu’elles viennent en aide à d’autres personnes, cela signifie que mon été en vaut vraiment le coup. »

Supervisée par John Kildea, Ph. D. (Programme de recherche sur le cancer et Centre de médecine innovatrice), Briana est de retour pour un troisième été à l’IR-CUSM. Elle travaille sur la conception d’une contribution participative à l’application mobile Opal pour les patients. Elle était étudiante au cégep lors de son premier été.

« J’ai d’abord commencé comme bénévole, je remettais des sondages dans la salle d’attente. Il y a trois ans, j’ai réalisé que je n’y voyais pas les implications. Mais aujourd’hui, ces sondages ont été utilisés et les données montrent que les patients utilisent réellement cette application, donc elle comble un besoin », explique-t-elle. Elle n’hésite pas à encourager d’autres personnes à suivre cette voie. « Chaque été, de nouveaux bénévoles se joignent à nous et je leur dis qu’être seul avec les patients, remettre les sondages et observer les résultats est un travail merveilleux. Pas uniquement d’accumuler l’information, mais d’en faire quelque chose. »

John Kildea a dit que les étudiants d’été et les bénévoles ajoutent de l’enthousiasme et de nouvelles compétences à son équipe de recherche. Ils jouent un rôle important dans le développement de prototypes. Avec sa collègue Laurie Hendren, Ph. D. (Programme de recherche sur le cancer et Centre de recherche évaluative en santé), il en a supervisé 12 cette année, soit deux fois le nombre d’étudiants de l’équipe de l’été dernier. Huit de ces étudiants, incluant Briana, ont présenté des affiches sur leur travail à la communauté de l’IR-CUSM lors de la Journée de recherche des étudiants d’été le 13 août dernier.

« La plupart de nos étudiants provenaient d’un programme de premier cycle en informatique, donc leur recherche avec l’application Opal durant la période estivale fut une belle occasion de contribuer à un projet qui a fait une différence pour les patients atteints du cancer, a expliqué Laurie Hendren. Cela les a également exposés à la recherche sur les soins de santé ainsi qu’aux divers emplois en soins de santé, qui ont présentement un besoin grandissant de chercheurs et d’employés détenant des compétences informatiques pertinentes. »

« Les étudiants d’été essaient souvent de nouvelles choses, ils mettent en place des tests pilotes sur des projets que nous pensions entamer, mais n’avons jamais eu le temps de le faire, dit Curtis Baker, Ph. D. (Programme en réparation du cerveau et en neurosciences intégratives et Centre de biologie translationnelle). À l’aide des résultats préliminaires, nous pouvons voir si le projet est une bonne idée. Nous apprenons nous-mêmes en participant à leur formation, car nous devons penser à certaines notions que nous avons apprises au tout début. »

Pensée critique et résolution de problèmes

Jing Ning, étudiante au premier cycle dans le laboratoire de Curtis Baker, a présenté une affiche intitulée « Laminar organization in mammalian visual cortex identified by electrophysiology ». L’objectif était de développer une méthode computationnelle afin de rassembler des informations nécessaires à l’analyse de la manière dont fonctionne le cerveau. L’été précédent, Jing avait travaillé sur un sujet de recherche sur la vision avec une perspective de neuroscience dans un autre laboratoire.

« J’encourage définitivement les autres étudiants à faire de la recherche l’été, dit Jing. C’est une véritable opportunité d’acquérir une formation scientifique qui m’aide à développer ma pensée critique, mes habiletés de résolution de problèmes et mes compétences expérimentales. J’apprends beaucoup de l’expérience en recherche, et ce genre d’expérience ne s’acquiert pas dans un cours normal. » Elle planifie revenir pour un troisième été.

Un bon départ vers les cycles supérieurs

Raphieal Newbold ne reviendra pas l’été prochain, puisqu’il restera à l’IR-CUSM. « Ma directrice de recherche, la Dre Pamidi, m’a offert un poste d’étudiant d’été avant que je ne commence ma maîtrise à l’Université McGill, explique-t-il. » La recherche de la Dre Sushmita Pamidi (Programme de recherche translationnelle sur les maladies respiratoires et Centre de recherche évaluative en santé) porte sur les conséquences cardiométaboliques de l’apnée du sommeil, et le travail de maîtrise de Raphieal sera lié à son projet estival sur les troubles respiratoires du sommeil maternels et le diabète gestationnel.

« Je suis très reconnaissant d’avoir la possibilité de prendre de l’avance, et d’avoir vécu cette expérience unique et vu ce qu’est la recherche ici à l’IR-CUSM et à l’Université McGill », dit Raphieal. Il connaît maintenant plusieurs personnes, incluant les gestionnaires de programmes et des collègues avec qui il travaillera. Selon lui, le programme estival fut une transition idéale vers sa nouvelle vie comme étudiant aux cycles supérieurs.

Les sciences fondamentales pour améliorer la perspective clinique

Isabela Vianello, une étudiante invitée en médecine de l’Universidade Federale de Minas Gerais au Brésil, a trouvé qu’une appréciation des sciences fondamentales améliore la perspective clinique. Avoir un directeur de recherche détenant un M.D. et un Ph. D. fut utile à cet égard. Sous la supervision du Dr Miguel Burnier (Programme de recherche sur le cancer et Centre de biologie translationnelle), le projet d’été d’Isabela portait sur l’épidémiologie et les caractéristiques cliniques des patients atteints de mélanomes oculaire et cutané. « Ce fut ma première expérience en sciences basées sur la recherche, et c’est très excitant de voir comment tout fonctionne en arrière-plan, dit-elle. Habituellement, nous ne connaissons pas les résultats, mais lorsque nous travaillons en science fondamentale, nous voyons où tout débute. »

« Je crois qu’il est bien de faire sa propre recherche et de manipuler les cellules et microscopes, soit le côté pratique de ce que nous voyons dans les livres. Ce sont des connaissances que nous ne pouvons acquérir dans la salle de classe. Et nous aurons davantage de ressources pour expliquer les choses aux patients ou simplement de lire et comprendre un article, puisque nous saurons comment fonctionnent les laboratoires. »

Puisque l’anglais n’est pas sa première langue, Isabela a également apprécié l’opportunité de présenter son travail oralement, dans un contexte non compétitif, lors de la Journée de la recherche des étudiants d’été. « J’étais un peu nerveuse, mais tout le monde m’encourageait et ce fut très bien pour moi ainsi que pour le laboratoire, je crois! »

L’expérience eut un impact surprenant sur les objectifs de formation d’Isabela, puisqu’elle pense maintenant à faire un Ph. D. ou une maîtrise en plus de son M.D.

« Ces étudiants sont des exemples exceptionnels de ce qui peut être accompli grâce à de brèves expériences immersives en recherche »,  dit Emily Bell, Ph. D., gestionnaire du Centre Desjardins de formation avancée à l’IR-CUSM. « Les étudiants d’été contribuent à notre communauté de recherche vibrante de manière importante, particulièrement avec leur enthousiasme pour la recherche, l’apprentissage et le développement professionnel. »

L’été s’est bien déroulé, et plusieurs étudiants seront de retour.

Le 6 septembre 2018

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