Une perspective mondiale sur la formation des équipes en traumatologie

En direct 2018

Par Diane Weidner, Centre de simulation et d’apprentissage interactif Steinberg

Directeur des services de traumatologie pour adultes et codirecteur du Centre pour la chirurgie mondiale du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), le docteur Tarek Razek participe activement aux programmes de perfectionnement en chirurgie et en traumatologie sur la scène mondiale. Il anime régulièrement des ateliers sur le travail d’équipe en traumatologie pour le Centre de simulation et d’apprentissage interactif Steinberg (CSAIS) auprès des étudiants, des résidents et des professeurs en médecine de l’Université McGill. Il donne également des ateliers avancés sur des sujets comme le cours de prise en charge chirurgicale d’un patient polytraumatisé (Definitive Surgical Trauma Care, ou DSTC), où il transmet ses connaissances à des chirurgiens en traumatologie et des infirmières en soins périopératoires d’ici et de l’étranger. Nous avons rencontré le docteur Razek lors d’un récent atelier pour en savoir plus sur l’importance de cette formation.

Comment vous êtes-vous intéressé à l’initiative du DSTC?

Je venais de terminer ma formation et je lançais ma pratique quand j’ai rencontré un groupe de médecins qui font ce que je fais. Le programme DSTC commençait tout juste à prendre son essor dans le monde, corrigeant ainsi une énorme lacune dans l’offre de formations et de cours pour s’exercer à des tâches complexes que nous n’avons pas l’occasion d’effectuer très souvent dans bien des milieux, mais que nous devons tous connaître. Comment s’organise-t-on pour traiter des patients atteints d’un grave traumatisme qui sont dans un état critique et souffrent de blessures complexes et, surtout, comment organise-t-on l’ensemble de l’équipe pour qu’elle apprenne à bien exécuter ensemble ses énormes tâches en situation de stress? Il faut favoriser les possibilités de simulation et de formation pour améliorer le rendement de nos équipes quand elles essaient de faire des choses très difficiles ensemble. Comme cette possibilité d’enseignement m’intéressait beaucoup, je suis devenu membre du groupe et formateur pour ce cours, qui est offert par l’International Association for Trauma Surgery and Intensive Care (IATSIC).

Quels avantages y a-t-il à faire partie d’un réseau international?

Les personnes qui participent à ce programme de formation se consacrent toutes à gérer la prise en charge des traumatismes aigus et des cas critiques et apprennent à enseigner, à donner des formations et à développer des moyens de s’améliorer. Nous enseignons ce programme partout dans le monde, en Australie, en Nouvelle-Zélande, à Singapour, au Portugal, en Espagne, en Norvège, en Suède… c’est tout simplement incroyable. On rencontre tous ces gens remarquables qui font la même chose dans chacun de leur centre de pointe en traumatologie, qui essaient de renforcer les capacités de toutes les équipes de leurs établissements secondaires pour mieux composer avec les traumatismes majeurs. On apprend aussi le fonctionnement de leur système local parce qu’on participe intimement avec eux à la formation des équipes. J’ai appris une foule de choses sur les savoir-faire des diverses régions du monde.

Sur la scène internationale, ce qui est remarquable, ce sont les similarités dans ce que nous tentons tous de faire devant un traumatisme majeur. La philosophie et l’approche globale des pratiques exemplaires sont de plus en plus harmonisées dans le monde. Ce qui est intéressant, ce sont les variations des habiletés et des façons d’obtenir des résultats en fonction des contextes, de la logistique, de l’environnement et des ressources.

L’un des aspects agréables de cet atelier, c’est qu’un conférencier international doit y participer, ce qui donne une belle ambiance au programme. On obtient une autre perspective, un point de vue différent et un autre contexte qui rehaussent le programme et contribuent à la création d’un réseau de formateurs. Le formateur international invité à notre atelier s’appelle Steve Moeng Maeyane. Il dirige l’une des grandes unités de traumatologie de Johannesburg, en Afrique du Sud. Nous sommes très chanceux de compter sur sa présence. Sa réalité est très différente de la nôtre, mais ce qu’il tente de réaliser ressemble beaucoup à ce que nous faisons. Son expertise en matière de lésions majeures par pénétration est inégalée dans sa région, et nous avons accès à ses compétences et à ses points de vue. Je trouve extraordinaire de pouvoir l’écouter et découvrir son approche.

Je trouve extrêmement productif d’être professeur pour ce cours. J’apprends au moins autant que les participants quand j’enseigne un atelier parce que j’écoute tous ceux qui racontent leur manière d’aborder les traumatismes, leur expérience et leur évolution.

Comment la formation a-t-elle évolué au fil des ans?

Cette année, nous tenons aussi l’atelier sur les soins en traumatologie pour les infirmières en soins périopératoires (Definitive Perioperative Nurses Trauma Care, ou DPNTC). Pendant deux jours, les infirmières acquièrent une expérience pratique des lésions au potentiel mortel aux côtés de chirurgiens en traumatologie. Cet atelier leur permet de renforcer leurs capacités à prendre des décisions chirurgicales pendant des scénarios complexes. Ce programme, qui existe déjà en Australie et à Singapour, vient d’arriver au Canada, où il est offert au CSAIS conjointement avec le cours DSTC.

Quatre monitrices du Centre universitaire de santé McGill dirigent l’atelier DPNTC : Linda Beaudoin (infirmière enseignante, service de traumatologie de l’Hôpital général de Montréal), Sara Angers (infirmière gestionnaire adjointe, bloc opératoire, Hôpital Royal Victoria), Nancy Tremblay (infirmière gestionnaire, bloc opératoire, Hôpital général de Montréal) et Anne-Marie Thériault (infirmière en cardiologie, Hôpital Royal Victoria).

Pour en savoir plus sur les ateliers à venir, veuillez communiquer avec Sonia Primeau par courriel à Traumacourses.muhc@gmail.com

Le 11 mai 2018

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