Décès de Mark Wainberg, pionnier de la lutte contre le sida

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Le Dr Mark A. Wainberg (1945-2017) était un militant et un pionnier de la recherche sur le VIH/sida.

L’Université McGill, l’Hôpital général juif et l’ensemble de la communauté du sida ont perdu ce mardi l’un de leurs plus grands militants et chercheurs à la suite de la noyade du Dr Mark A. Wainberg, alors en vacances en Floride. Les travaux de recherche et les collaborations du Dr Wainberg sur le sida et le VIH, notamment la découverte initiale du médicament antiviral 3TC, ont contribué à sauver des millions de vie dans le monde.

Le Dr Wainberg était directeur de la recherche sur le sida à l’Institut Lady Davis pour la recherche médicale de l’Hôpital général juif, directeur du Centre SIDA de l’Université McGill et professeur de médecine, de microbiologie et d’immunologie.

En 2015, il a été intronisé au Temple de la renommée médicale canadienne pour avoir « révolutionné notre compréhension du VIH/sida tant sur le plan médical, qu’épidémiologique et politique ».

Le Dr Wainberg était un chercheur de renommée internationale dans le domaine du VIH/sida et il militait inlassablement pour améliorer l’accès aux médicaments anti-VIH dans les pays en développement. Il était bien connu pour la découverte initiale des propriétés antivirales du 3TC en collaboration avec BioChem Pharma inc., en 1989, ainsi que pour ses nombreuses contributions à la recherche sur la résistance aux médicaments anti-VIH, y compris l’identification de plusieurs mutations du génome du VIH responsables de la résistance aux médicaments.

Le Dr David Eidelman, vice-principal (santé et affaires médicales) et doyen de la Faculté de médecine, dit du Dr Wainberg qu’il était « un champion international de la lutte contre le VIH/sida ».

« Mark Wainberg a joué un rôle inestimable dans la vie de millions de personnes grâce à ses recherches porteuses de changement et à son extraordinaire militantisme, déclare le Dr Eidelman. La communauté de l’Université McGill et de la Faculté de médecine est profondément affligée par son décès soudain. Nous présentons nos plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches. Le monde a perdu un géant du monde de la médecine, un mentor d’exception et un grand homme. »

« Le DWainberg était un pionnier, tant en laboratoire que sur la ligne de front », rapporte Suzanne Fortier, principale et vice-chancelière de l’Université McGill. « Il n’avait pas peur de dire ce qu’il pensait. Des millions de vies ont été sauvées grâce à sa profonde humanité, à sa conscience sociale progressiste et à son génie scientifique. La communauté mcgilloise adresse ses plus sincères condoléances à la famille du Dr Wainberg ainsi qu’à tous ses amis et collègues à l’Institut Lady Davis et partout dans le monde. »

Le DWainberg a été président de la Société internationale sur le sida de 1998 à 2000, et il a organisé la XIIIe Conférence internationale sur le sida à Durban, en Afrique du Sud.

Le Dr Mark Wainberg était un éminent chercheur qui militait avec passion contre le sida. On peut le voir ici participant à une manifestation des travailleuses du sexe réclamant une meilleure protection contre le VIH lors de la Conférence internationale sur le sida en 2006. / Photo : Lise Beaudry

C’était la première fois que la conférence avait lieu dans un pays en développement, attirant comme jamais auparavant l’attention de toute la communauté internationale sur le problème de l’accès aux médicaments.

« Je suis un activiste du sida, absolument », disait-il lors d’une entrevue en 2000. « Le sida va devenir la plus importante cause de décès dans le monde, alors il nous incombe à tous d’être des activistes du sida. » « Les médicaments sont formidables et ils s’améliorent sans cesse. Ils ont transformé en maladie chronique traitable ce qui était autrefois une sentence de mort », soulignait le Dr Wainberg dans un portrait du McGill News en 2008. « Malheureusement, cette formidable avancée ne rejoint pas la grande majorité des gens qui vivent avec la maladie dans les pays en développement. Je tiens absolument à ce que ça change. »

Dans son laboratoire de l’Institut Lady Davis, le Dr Wainberg a mené des recherches de pointe sur les mécanismes qui font que certains sous-types du VIH développent une résistance aux médicaments et d’autres non. Ses recherches les plus récentes exploraient la possibilité que le VIH ne puisse développer de résistance aux nouveaux médicaments appelés inhibiteurs de l’intégrase, qui bloquent la réplication virale.

Le Dr Wainberg est né à Montréal en 1945. Il a obtenu un baccalauréat ès sciences de l’Université McGill en 1966 et un doctorat de l’Université Columbia en 1972, avant de poursuivre des recherches postdoctorales à l’École de médecine Hadassah de l’Université hébraïque de Jérusalem.

Le Dr Wainberg était membre de la Société royale du Canada, officier de l’Ordre du Canada, officier de l’Ordre national du Québec, associé honoraire du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, et Chevalier de la Légion d’honneur de la France. Il a aussi siégé à de nombreux comités internationaux qui conseillent des organismes comme l’Organisation mondiale de la Santé.

 

Le 13 avril 2017

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