Le mois de sensibilisation à l’endométriose

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Mettre en lumière une condition qui affecte jusqu’à 7 % des femmes en âge de procréer

endoÀ 29 ans, la nouvelle mariée Caroline Leroux* avait bien hâte de fonder une famille. Mais à peine deux mois après avoir cessé de prendre la pilule, elle s’est mise à ressentir une douleur atroce et des crampes à l’abdomen.

Le médecin de Leroux lui a donc recommandé de consulter Dr Togas Tulandi, un spécialiste du Centre de reproduction du Centre universitaire de santé McGill.

C’est alors que Leroux a reçu un diagnostic d’endométriose de stade 4. « Ceci a lieu lorsque des cellules de l’utérus sont situées en dehors de l’utérus », explique Dr Tulandi. « Ces cellules s’accumulent et s’éliminent selon le cycle hormonal mensuel. Elles provoquent de l’enflure et de l’inflammation, ce qui mène à la formation de tissu cicatriciel autour des ovaires, des trompes de Fallope et de l’utérus. »

Le symptôme le plus commun de l’endométriose est une douleur qui apparait avant, pendant ou après les menstruations, et pendant les relations sexuelles, la miction ou l’élimination des selles. Dans certains cas, la douleur peut être sévère et invalidante, alors que dans d’autres cas, les symptômes peuvent être très légers ou inexistants. Il s’agit d’une condition souvent très difficile à diagnostiquer parce qu’elle imite plusieurs autres conditions potentielles, dont le Syndrome du côlon irritable. De nombreuses patientes reçoivent leur premier diagnostic à la fin de leur vingtaine ou au début de leur trentaine, lorsqu’elles consultent un médecin pour des douleurs menstruelles ou des problèmes d’infertilité.

Selon la Société des obstétriciens et des gynécologues du Canada, l’endométriose affecte 1 femme sur 10 en âge de procréer, 5 femmes sur 10 aux prises avec l’infertilité et 5 femmes sur 10 souffrant de douleur chronique au bassin. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’il existe une façon de traiter cette condition.

Les options de traitement dépendent de l’âge de la patiente, du degré de sévérité des symptômes et si oui ou non la femme souhaite avoir des enfants. Puisque l’endométriose est dépendante de l’estrogène, la clé est la stabilisation des hormones. « Les hormones de grossesse viennent masquer l’endométriose », explique Dr Tulandi. « Nous savons que la condition s’améliore si la patiente tombe enceinte. »

Dans le cas d’une femme aux prises avec un léger degré d’endométriose qui ne souhaite pas tomber enceinte, la première vague de traitement est habituellement la prescription de pilules anticonceptionnelles. On peut alors stabiliser les niveaux naturels d’hormones et réduire la douleur associée à l’endométriose. Des médicaments contre la douleur peuvent également être prescrits si nécessaire. D’autres options de traitement hormonal sont aussi offertes, telles qu’avoir recours à des médicaments agonistes de gonadolibérine, comme le Lupron, mais puisque ces médicaments imitent les effets secondaires de la ménopause, ils sont généralement utilisés à court terme. La prescription de progestérone est également une option potentielle.

Dans le cas de Leroux, Dr Tulandi a effectué une chirurgie laparoscopique visant à réduire sa douleur, ralentir la progression de sa condition et augmenter ses chances de tomber enceinte. Cette procédure minimalement invasive impliquait l’insertion de petits instruments chirurgicaux à travers de minuscules incisions dans le but de retirer les foyers visibles et le tissu cicatriciel de l’endométriose s’étant formé autour de l’utérus, des trompes et des ovaires. La période de récupération pour ce type de chirurgie minimalement invasive est beaucoup plus courte que dans le cas d’interventions invasives. Leroux était de retour au travail deux semaines après la chirurgie.

« J’étais très inquiète et très nerveuse, et j’avais très peur de ne plus être capable d’avoir d’enfants », explique Leroux. « Dr Tulandi a tellement été gentil avec moi et il m’a aidée à traverser cette période difficile. » Quatre mois après la chirurgie, Leroux est tombée enceinte et elle a par la suite accouché d’un beau garçon en santé qui a maintenant presque deux ans.

*Caroline Leroux n’est pas le nom véritable de la patiente; elle préférait garder l’anonymat.

Pour plus d’informations au sujet de l’endométriose, veuillez consulter la présentation suivante:
Endometriosis Pictures Slideshow: A Visual Guide to Symptoms, Stages and Treatments
http://www.medicinenet.com/endometriosis_pictures_slideshow/article.htm 

Dr Togas Tulandi est le directeur de la division de chirurgie gynécologique minimalement invasive du Centre universitaire de santé McGill. Il est également

Dr. Togas Tulandi MD, MHCM, FRCSC, FACOG

Dr. Togas Tulandi
MD, MHCM, FRCSC, FACOG

professeur d’obstétrique et de gynécologie, vice-président académique du département d’obstétrique et de gynécologie et titulaire de la chaire Milton Leong en médecine de la reproduction à l’Université McGill.

Dr Tulandi est reconnu à l’échelle internationale en tant que chirurgien endoscopique spécialisé en endocrinologie reproductrice et en infertilité, et en tant que pionnier en matière de chirurgies endoscopiques avancées. À titre de chercheur établi, il est l’auteur de plus de 300 articles, 60 chapitres de livre et 12 livres.

Dr Tulandi présentera un discours dans le cadre du prochain Symposium mondial sur l’endométriose qui aura lieu du 27 au 29 mars 2014 à Atlanta et siégera au comité du Congrès mondial sur l’endométriose qui aura lieu à Vancouver en 2017.

Le 27 mars 2014

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