Dia Dabby: du doctorat au professorat

October 2020

Dia Dabby

Après avoir tôt eu la piqûre de la recherche, Dia Dabby, DCL’17, a poursuivi sa passion, depuis les coulisses de la Cour du Québec aux salles de classe de la Leiden Law School aux Pays-Bas. La professeure adjointe en droit à l’UQÀM confie les expériences uniques qui ont défini son expérience doctorale à la Faculté, et qui ont fait d’elle une enseignante dévouée au service de la collectivité et auprès de ses élèves.

Qu’est-ce qui vous a amenée à faire un doctorat en droit?

Dès le début de mes études en droit, j’ai eu la chance de faire de la recherche et j’ai su tout de suite que c’était là que je serais la plus heureuse. Durant mes études de premier cycle à McGill, j’ai découvert avec grand intérêt la politique constitutionnelle grâce au Pr Christopher Manfredi (maintenant vice-principal exécutif de l’université). J’ai reçu mon baccalauréat en droit en 2005, puis j’ai complété l’École du Barreau du Québec. J’ai ensuite fait ma maîtrise à l’Université de Montréal, et j’ai effectué un stage et travaillé à la Cour du Québec comme avocate recherchiste; je faisais de la recherche pour des juges dans des domaines divers, tant en droit criminel qu’en droit civil et public.

J’ai commencé mon doctorat à McGill en 2011. En 2015-2016, j’ai été nommée professeure adjointe au Département des droits de l’enfant à la Leiden Law School, aux Pays-Bas; j’enseignais à la maîtrise avancée. Mon mari et moi avons donc déménagé aux Pays‑Bas un an avant la fin de mon doctorat. Disons que je ne le conseillerais pas cette approche :  j’enseignais tout en complétant mon doctorat!

J’ai soutenu ma thèse en 2016. Par la suite, j’ai effectué un post-doctorat au sein du projet CRSH Religion et Diversité à l’Université d’Ottawa, puis j’ai obtenu le poste que j’occupe actuellement. J’espère que ce parcours a fait de moi une professeure plus compréhensive.

J’enseigne en français et je fais de la recherche tant en anglais qu’en français. Lorsque les deux langues se côtoient, je suis comme un poisson dans l’eau. C’est typiquement montréalais, j’imagine!

Quel poste occupez-vous actuellement?

Je suis professeure au Département des sciences juridiques de l’UQÀM depuis 2018. J’enseigne le droit constitutionnel, le droit comparé et la religion, et je donne aussi des cours de méthodologie. J’enseigne en français et je fais de la recherche tant en anglais qu’en français. Lorsque les deux langues se côtoient, je suis comme un poisson dans l’eau. C’est typiquement montréalais, j’imagine!

Comment a été votre expérience de mentorat à McGill?

J’ai été dirigée par la professeure Colleen Sheppard, que j’avais rencontrée lorsque j’étais boursière Aisenstadt au Centre sur les droits de la personne et le pluralisme juridique. Elle m’a beaucoup encouragée. Elle m’a donné amplement de marge de manœuvre pour que je puisse profiter pleinement de mon cheminement doctoral et participer à des projets de recherche intéressants. J’ai eu la chance d’avoir plusieurs autres mentors à la Faculté, notamment la professeure Shauna Van Praagh, le professeur René Provost, et feu le professeur Rod Macdonald.

Le mentorat est indispensable dans notre profession et j’ai la ferme intention d’agir à mon tour comme mentor dans mes fonctions actuelles.

Et vos camarades de classe?

L’année où j’ai amorcé mon doctorat, nous étions 14 doctorants, ce qui était une grande cohorte, même à l’époque. Il régnait une franche camaraderie au sein du groupe, si bien qu’on avait moins le sentiment de faire cavalier seul. De plus, je faisais partie d’un groupe d’écriture formidable constitué de doctorants dans mon programme à la Faculté, des gens inspirants sur lesquels je pouvais toujours compter.

Quelles autres activités avez-vous pratiquées pendant votre doctorat?

J’ai été nommée comme représentante légale au Comité d’éthique de la recherche de McGill pendant mes études doctorales (étant membre du Barreau du Québec). Cela m’a donné une vue d’ensemble des incroyables travaux de recherche empiriques réalisés à McGill sur les enfants et d’autres populations vulnérables. J’ai développé un sens aigu de service à la collectivité (ce qui fait également partie intégrante de la tâche professorale) et, encore aujourd’hui, je suis membre de ce comité.

Le moment fort du programme de mentorat était le partage d’une charge d’enseignement avec un professeur. D’ailleurs, je donne actuellement une version du cours que j’ai donné à l’époque!

En rétrospective, quel est l’acquis le plus précieux de vos études doctorales?

Le temps, je crois. Depuis, je n’ai jamais vraiment trouvé le temps d’approfondir un sujet comme je l’ai fait pour mon doctorat. Je pouvais explorer, m’engager dans un projet de recherche en parallèle, assister à des congrès, sans jamais perdre de vue mon but premier.

Quels aspects du doctorat se sont-ils avérés précieux?

Le mentorat en enseignement occupait une place importante et faisait l’objet d’un programme en bonne et due forme. J’avais enseigné avant mes études doctorales, mais pour la première fois, je m’interrogeais sur le « pourquoi » et le « comment » de ce que j’enseignais.

Le moment fort du programme de mentorat était le partage d’une charge d’enseignement avec un professeur. D’ailleurs, je donne actuellement une version du cours que j’ai donné à l’époque! L’utilisation que je fais du matériel, les types d’exercices que je donne à mes étudiants, tout cela est très influencé par la formation en enseignement du droit que j’ai reçue à McGill.

Qu’auriez-vous aimé savoir avant d’entreprendre votre doctorat?

Le vécu doctoral est différent pour chacun. Il y a énormément de stress – qui vient tant de l’extérieur que de l’intérieur – mais je trouve que c’est une expérience extrêmement gratifiante. Le parcours doctoral est souvent présenté comme un long moment de solitude, mais je ne pense pas que ce soit une fatalité. Nouer des liens avec les autres demande certes un effort, mais le jeu en vaut la chandelle. « Faire un doctorat », ce n’est pas simplement rédiger une thèse, mais bien vivre une expérience universitaire aux multiples facettes; or, il faut se donner le temps de trouver la combinaison gagnante.

Cet entretien a d’abord été publié en anglais par TRaCE McGill. Read the original English interview.

 


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