parés pour le DÉCOLLAGE…

Posted on Friday, April 4, 2014

ready for TAKE-OFF

… dans votre cour! Des étudiants et des professeurs de McGill explorent de nouvelles possibilités de partenariat au sein de la communauté. //

Par Lucas Wisenthal

Un quartier au riche patrimoine artistique, culturel et industriel, en pleine transformation.

Le désir de deux grandes institutions universitaires d’essayer de nouvelles choses.

Jumelez ces deux éléments et vous obtiendrez un laboratoire vivant où prennent forme des idées parmi les plus innovantes au pays.

Le Quartier de l’innovation (QI) est un partenariat entre McGill et l’École de technologie supérieure, dont l’objectif est de transformer les quartiers de Griffi ntown, de la Petite-Bourgogne, de Saint-Henri et de Pointe-Saint-Charles en un laboratoire vivant où fourmillent de nouvelles idées en matière de recherche, d’entrepreneuriat, d’urbanisme, d’économie sociale et de culture.

L’éventail est large et couvre tout autant de projets à vocation écologique que d’initiatives de revitalisation de la vie culturelle. Des professeurs de diverses facultés se servent du QI pour transformer leurs recherches en produits d’usage courant, tandis que le Groupe de travail étudiant permet aux atouts les plus précieux de McGill – ses étudiants – de formuler leurs commentaires sur les projets.

En favorisant l’échange de connaissances entre étudiants et professeurs, de concert avec la communauté, le QI invite à la création d’idées universitaires et urbaines, qu’il s’agisse d’initiatives écolophiles ou de cures de rajeunissement culturel.

Résultat? Situé à 20 minutes de marche de McGill dans le sud-ouest de la ville, le QI accueille un nombre croissant de projets et de plans qui redéfi nissent le visage de Montréal.

EXEMPLES DE PROJETS DU QI: 001// DE LA RECHERCHE À LA MISE EN MARCHÉ

Renzo Cecere eff ectue régulièrement des chirurgies cardiaques dans le but de réparer des valvules mitrales, structures qui contrôlent la circulation sanguine dans le coeur. L’intervention est courante, mais risquée. Le plus souvent, elle consiste à placer un dispositif en forme d’anneau autour de l’anneau mitral pour empêcher la régurgitation du sang par la valvule. Comme le chirurgien doit ouvrir le thorax et le coeur du patient – qui est souvent âgé –, l’intervention présente un risque de complications, comme une infection ou un AVC, et le rétablissement peut prendre des semaines.

Il y a deux ans, le Dr Cecere, chirurgien à l’Hôpital Royal Victoria et à l’Hôpital de Montréal pour enfants et professeur agrégé de chirurgie à l’Université McGill, a voulu contourner les diffi cultés de la chirurgie valvulaire mitrale en adoptant l’approche percutanée. Plutôt que d’ouvrir le coeur, il voulait atteindre la valvule mitrale en perçant la peau la recouvrant. Il a conçu un implant qui pouvait être plié, puis inséré dans la pointe d’un cathéter et mené au coeur par les vaisseaux sanguins.

Le Dr Cecere a créé un prototype, mais n’était pas prêt à chercher du fi nancement et savait qu’il aurait du mal à convaincre les investisseurs en capital de risque d’injecter des fonds dans un projet qui n’avait pas encore fait ses preuves.

La perspective de disposer d’un espace de travail et de pouvoir consulter des experts de divers domaines – ingénieurs, cliniciens et autres – l’a plutôt incité à s’entretenir avec l’équipe QI de McGill, qui l’a dirigé vers Centech. Un incubateur affi lié à l’ÉTS dans le QI qui a commencé, en décembre 2012, à accepter les dossiers de McGill et doté d’un fonds d’un million de dollars pour soutenir le prototypage, Centech peut également off rir aux nouveaux entrepreneurs jusqu’à 150 000 $ par projet. C’était là une occasion idéale pour le Dr Cecere.

Avant de l’implanter sur des animaux, le Dr Cecere souhaite procéder à des essais préliminaires de son prototype en laboratoire. Une fois qu’il en aura prouvé la viabilité, il cherchera des investisseurs en capital de risque pour en faciliter la mise en marché.

« La chirurgie valvulaire mitrale est effi cace, mais le patient doit y survivre pour en profi ter, dit-il sans détour. Off rir une solution de rechange pourrait entraîner d’immenses bienfaits pour la société. »

 

002// FAVORISER LES ARTS ET LA CULTURE

Griffintown

Perspective à vol d’oiseau du quartier montréalais Griffintown, à proximité du pont Wellington

Lorsque Will Straw, directeur du Département d’histoire de l’art et d’études en communications de McGill, a entendu parler du QI, il s’est posé une question : « Les principaux responsables du projet connaissent-ils le rôle
important que joue Griffi ntown [un des quartiers où le QI est établi] dans la nouvelle culture des arts à Montréal? »

Cette pensée a incité le professeur Straw à accepter l’invitation qui lui a été lancée d’étudier en profondeur le secteur artistique en plein développement du quartier. Avec l’aide de quelques étudiants, il a interviewé plus de 30 membres
de la communauté artistique locale, et a notamment découvert que si les salles de spectacle et d’exposition ne manquent pas, les espaces publics, où artistes et résidents pourraient discuter de la transformation de ce quartier au passé  industriel, font cruellement défaut. Et il y a vu une occasion pour McGill.

« Je me suis dit : “Pourquoi ne pas créer un espace où nous pourrions tenircertaines des activités de l’Université et montrer ce qui se passe dans le quartier?” », se rappelle le professeur Straw.

C’est ainsi qu’est né le Laboratoire de culture urbaine, un projet visant à soutenir la scène artistique et l’urbanisme dans le territoire qu’occupe le QI. Le professeur Straw souhaite créer un espace semi-permanent où seraient mises
en valeur les oeuvres d’art que possède McGill, un lieu d’exposition où les étudiants pourraient collaborer avec les artistes locaux, et un laboratoire de recherche urbaine axée sur le quartier.

Une structure temporaire – vraisemblablement installée à l’église Saint-Joseph dans la Petite-Bourgogne – permettra au Laboratoire de tester de nouvelles idées. « C’est très branché et moderne comme idée. Nous pouvons off rir une
programmation variée, allant des causeries aux expositions, en passant par les débats et les soirées culturelles. »
Il est bien conscient que la présence de McGill peut être perçue par certains comme un autre signe de l’embourgeoisement du quartier, mais il espère qu’on y verra également un eff ort pour en préserver l’unicité. Il se réjouit par ailleurs que la collectivité mcgilloise se familiarise avec le quartier et ses résidents.

« Nous devons sortir de la Forteresse McGill, dit-il, et Griffintown est un endroit
parfait pour commencer. »

 

003// BIOFUELNET CANADA

Pour Don Smith, l’idée d’un carburant durable est tout à fait logique. Le titulaire d’une chaire James McGill au Département des sciences végétales sait toutefois que la fabrication de ce carburant à partir de plantes riches en amidon (comme le maïs) ou de plantes sucrières (comme la canne à sucre) – qui, en raison des changements climatiques, sont de plus en plus difficiles à cultiver – est probablement un projet voué à l’échec.

Le professeur Smith est le chef de la direction et directeur scientifi que de BioFuelNet Canada, réseau de recherche dont l’objectif est de mettre au point des biocarburants avancés. Il dirige une équipe qui conçoit des méthodes efficaces visant à transformer en carburant pour véhicules des matières comme les algues, les déchets agricoles, les résidus forestiers, la biomasse produite sur des terres se prêtant mal à la production vivrière et les déchets municipaux.

L’an dernier, BioFuelNet – qui peut compter sur l’expertise de 74 chercheurs de 25 établissements d’enseignement postsecondaire – est devenu le premier projet de McGill à s’installer dans le QI, qui s’est révélé un lieu d’affaires idéal.

« Les bureaux d’Écotech Québec, qui se défi nit comme la grappe des technologies propres au Québec, sont tout près, précise le professeur Smith. On trouve également à proximité quelques sociétés de capital de risque qui s’intéressent aux énergies renouvelables. »

BioFuelNet a droit à un fi nancement de 25 millions de dollars sur cinq ans du Programme de réseaux des centres d’excellence du gouvernement canadien et reçoit sept millions de dollars par année d’autres partenaires. Des ententes ont été conclues avec Airbus et Air Canada, qui ont hâte de voir arriver sur le marché la prochaine génération de biocarburants pour l’aviation.

« Si les véhicules terrestres peuvent avoir d’autres sources de propulsion, comme l’électricité, de telles options n’existent pas dans le secteur de l’aérospatiale, qui veut réduire son importante empreinte de carbone. »

Le professeur Smith, dont les travaux portent sur les interactions plantesmicrobes, souhaite également intéresser un plus grand nombre d’étudiants à ce domaine de recherche; il a donc demandé leur aide pour trouver des composés bactériens capables de stimuler la croissance de cultures destinées aux biocarburants, surtout dans le contexte diffi cile des terres peu productives et des conditions climatiques de plus en plus extrêmes.

A rendering by NIP Paysage

Cette page : rendu de NIP Paysage, gagnant du Concours canadien de design urbain, Promenade Smith

004// L’EXPÉRIENCE MICROCOSME URBAIN

Au cours de la dernière décennie, Griffintown et ses environs se sont transformés : le quartier, jadis à vocation surtout industrielle, est devenu l’une des zones immobilières les plus convoitées à Montréal. Raphaël Fischler, directeur de l’École d’urbanisme de l’Université McGill, a vu la classe créative de la ville se tailler une place dans le secteur, aussitôt suivie par les grands promoteurs immobiliers. Il a eu peur de voir les rues bordées de condos et de grandes surfaces.

Aussi, quand l’idée du QI est née, a-t-il rapidement proposé un projet qui permettrait de comprendre l’évolution à vitesse grand V du quartier et off rirait des suggestions éclairées pour la poursuite de sa croissance : l’Expérience microcosme urbain.

« Dans le QI, il ne se fait pas beaucoup de recherche universitaire au sens traditionnel, affi rme le professeur Fischler. En revanche, il s’y fait beaucoup de recherche appliquée. »

Dans le cas de l’Expérience microcosme urbain, la recherche appliquée consiste notamment à analyser les politiques et concepts innovants des autres villes et à voir ce que le QI peut en tirer. Ainsi, le QI a permis à des étudiants de travailler avec la Ville de Montréal afi n d’évaluer et de mettre au point des indicateurs de durabilité urbaine et de qualité de vie pour Montréal et le secteur du QI. Les étudiants-chercheurs s’apprêtent d’ailleurs à travailler dans le quartier.

Lora Milusheva, candidate à la maîtrise, fait partie d’un groupe d’étudiants qui effectuent une revue de la littérature sur les modèles de mesure de la consommation d’énergie. « Nous cherchons des études de cas pour voir ce qui s’est fait ailleurs et ce qui pourrait s’appliquer au QI, dit-elle. Nous aimerions suggérer des moyens d’accroître l’effi cacité énergétique du quartier. »

Pour le professeur Fischler, l’initiative off re d’autres possibilités. La Faculté des sciences de l’éducation travaille avec les commissions scolaires anglophone et francophone de Montréal pour créer une école bilingue à Griffi ntown, une idée qui ajoutera une autre dimension sociale au quartier, selon le professeur Fischler.

Cet hiver, en collaboration avec l’équipe Études et vie étudiante, il examine la possibilité de construire des résidences étudiantes dans le secteur. « Nous aimerions vraiment que les résidences fassent partie du QI et que les étudiants participent directement aux activités de recherche », ajoute-t-il.

L’idée ne se concrétisera peut-être jamais, mais les gens doivent savoir que la possibilité existe, explique le professeur Fischler. « Il faut toujours être prêt à expérimenter. » ■

 

POUR DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS SUR LE QI,

consultez le www.mcgill.ca/qi
ou contactez Isabelle Péan, directrice du Projet de McGill sur le QI,
à isabelle.pean@mcgill.ca

Pour des mises à jour à ce sujet, consultez le
publications.mcgill.ca/headway/tag/QI

 

Share this article

Category: Research

Tag:

Comments are closed.