Le nouveau chef d’orchestre de la Place des Arts

Fall-Winter 2013

Gestionnaire bien connu du domaine des médias et des communications, Marc Blondeau est arrivé à la tête de la Place des Arts il y a un peu plus d’un an et demi. McGill News l’a rencontré à l’occasion du cinquantenaire du plus important complexe des arts de la scène au Canada.

Par David Savoie
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Marc Blondeau, le président-directeur général de la Société de la Place des Arts. (Photo: Sarah Mongeau-Birkett)

Louise Forestier interprète les paroles de Claude Léveillée dans l’ambiance feutrée de la salle qui porte désormais le nom du chansonnier (l’ancien Studio-théâtre). L’inauguration a lieu en compagnie d’une quarantaine d’invités — politiciens, administrateurs et artistes — et s’inscrit dans une série d’activités prévues au cours de l’année pour célébrer les 50 ans de la Place des Arts (PdA). Moment emballant et fébrile pour Marc Blondeau qui, avant de laisser place à la musique, souligne l’importance des bons partenariats.

En mars 2012, Marc Blondeau  (B. Com. 1979) est entré en fonction à titre de président-directeur général de la Société de la Place des Arts. Les célébrations entourant le 50e anniversaire de la PdA approchant alors à grands pas, il a dû faire vite pour en apprendre les rouages. La Place des Arts est aujourd’hui un carrefour important, composé de six salles de spectacles et reliant plusieurs édifices et commerces souterrains; bref, un quadrilatère incontournable du centre-ville de Montréal. Les activités qui ont eu lieu le 21 septembre — jour du 50e anniversaire — ont témoigné du rôle de ce lieu, tant pour la ville et ses artistes que pour le public. « Pour savoir où on va, il faut savoir un peu d’où on vient », de dire le P.-D.G.

« Les gens n’oublient pas le premier spectacle qu’ils ont vu à la PdA », raconte Marc Blondeau, dont le discours est parsemé du mot expérience. « On veut être en immersion, en contact. Les gens ont soif d’authenticité et de créativité », fait-il remarquer. Pour lui, c’est la clé du succès. « On espère que le spectateur repart avec quelque chose. Que ce soit après un bref spectacle pour enfants dont le billet coûte huit dollars ou un concert à 125 dollars, les gens souhaitent passer un moment agréable, vivre une belle expérience. » Parmi ses souvenirs : des spectacles de Julien Clerc, sa remise de diplôme de l’Université McGill en 1979, sans compter le passage d’une de ses filles (la comédienne Magalie Lépine-Blondeau) sur les planches de la PdA.

Entrée en scène

Le président-directeur général de la Place des Arts est désigné par le gouvernement du Québec. À son arrivée, Marc Blondeau succédait à Marie Lavigne, qui avait été en poste pendant 10 ans. « J’arrive avec mes propres espadrilles, je ne mets pas les baskets de quelqu’un d’autre, mais j’essaie de m’inspirer de ce qui a été fait avant moi », dit-il. Ce poste, c’est une course à relais, ajoute-t-il, et son rôle est de préparer le terrain pour ses successeurs.

Marc Blondeau n’avait jamais songé à occuper cette fonction. Il est le premier à admettre qu’il n’est pas spécialisé dans les arts de la scène, mais qu’il sait néanmoins s’adapter à de nouveaux environnements. Alors, lorsque cette possibilité s’est présentée, il l’a acceptée. « Je suis un spectateur assidu. Au cours de ma carrière, c’est souvent mon expérience de consommateur qui m’a guidé comme gestionnaire, et c’est encore le cas aujourd’hui. »

Le P.-D.G. est bien conscient qu’il est responsable d’un bien public, financé par les contribuables, et ce, depuis plusieurs générations. « En raison de mon parcours dans le domaine de l’information, j’ai toujours eu la notion du service public. Et là, je la vis pleinement. Mais il faut en même temps déployer le dynamisme et la souplesse de l’entreprise privée et tenir compte des exigences élevées  du spectateur. »

Marc Blondeau vient du monde des médias. Il a commencé sa carrière comme journaliste à la station de radio CKAC, avant d’y être rapidement promu à la direction. Il passe ensuite au Groupe TVA en 1993, où il demeurera jusqu’en 2000, alors qu’il entre aux éditions Rogers. Il sera notamment éditeur du magazine L’actualité et assurera la présidence des Éditions Rogers-Québec. Il admet que son approche est influencée par son parcours dans le domaine de l’information. « Je suis de ceux qui pensent qu’aujourd’hui, toute organisation est un média. Elles ont de l’information à transmettre et des publics cibles. Un des défis que nous avons ici à la Place des Arts, c’est d’assurer le virage numérique en saisissant les possibilités de communication qui en découlent. Ce qui passe notamment par une présence sur les réseaux sociaux, et ce n’est que le début. »

Défis financiers

En poste depuis moins de deux ans, Marc Blondeau a déjà dû faire face à des défis importants. En 2012, les quelque 1 000 représentations qui se sont tenues à la PdA ont attiré plus de 890 000 spectateurs. Or, c’est près de 70 000 spectateurs de moins que l’année précédente.

La Société de la Place des Arts est une société d’État, sensible aux changements de gouvernement et aux compressions budgétaires. Un peu moins de 15 pour cent de son budget est de source gouvernementale, et le reste est issu de revenus et de partenariats. « Les gens ont l’impression que la Place des Arts est fortement subventionnée. Ce n’est pas le cas pour son fonctionnement », explique son P.-D.G.

Le déménagement de l’Orchestre symphonique de Montréal à la Maison symphonique a aussi laissé des traces et entraîné un manque à gagner important, en raison de la baisse d’occupation de certaines salles autrefois utilisées par l’orchestre — un écart qui demeure difficile à combler.

Depuis deux ans, l’organisation accuse un déficit annuel d’environ 250 000 dollars, qui pourrait se répéter deux autres années. Bien que sa santé financière ne soit pas menacée, l’équilibre de la PdA demeure précaire et exige beaucoup d’effort de la part de l’organisation. « Nous sommes à la fois dans la production à grand déploiement et la résidence d’artiste, ou encore la présentation de la première prestation d’un artiste, livrée gratuitement », de dire Marc Blondeau.

Maka Kotto, ministre québécois de la Culture et des Communications, qualifie le président-directeur général de la Place des Arts de « grand gestionnaire ». « Humble, talentueux, il exprime également énormément de passion dans son investissement et ses engagements. C’est à bras-le-corps qu’il s’est saisi, à son arrivée, il y a peu de temps, de ces lieux qu’il faut redresser. Je pense que nous devons tous lui souhaiter une santé de fer trempé pour ses engagements. C’est à bras-le-corps qu’il s’est saisi, à son arrivée, il y a peu de temps, de ces lieux qu’il faut redresser. Je pense que nous devons tous lui souhaiter une santé de fer trempé pour la suite du monde ».

Journaliste montréalais, David Savoie a notamment collaboré à La Presse, Les Affaires, la radio de Radio-Canada et CBC.

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Taking the pulse of Place des Arts

Place des Arts (Photo: Caroline Bergeron)

Place des Arts (Photo: Caroline Bergeron)

It’s never easy to take over as the new head of a complex institution that plays a pivotal role in the cultural life of a city. But doing it in the midst of whirlwind planning for a 50th anniversary? That poses a few extra challenges.

More than 21 months ago, Marc Blondeau, BCom’79, was appointed as the president and chief executive officer of the Société de la Place des Arts, the organization that oversees the operations of one of Montreal’s most essential sites for artistic activity. He says the anniversary celebrations offered him a unique opportunity to take stock of the past. “To understand where we are headed, we have to know a little about where we come from.”

Over the years, the PDA has played host to many artists — Quebec icons like Yvon Deschamps, Jean Lapointe and Ginette Reno, as well as international stars like Maria Callas, Bob Dylan and Radiohead. The largest cultural centre for the performing arts in Canada, Place des Arts includes six performance halls. The Opéra de Montréal, the Jean-Duceppe theatrical company and Les Grands Ballets Canadiens all call the PDA home. Virtually every Montrealer has experienced the PDA in some way — whether at a performance of the annual Nutcracker ballet or a concert by the Montreal Symphony Orchestra.

That’s true for Blondeau as well. He can recall shows by Julien Clerc, his PDA-based McGill graduation ceremony in 1979 and performances by his own daughter, an actress.

“Whether the people who come here have paid eight dollars for a short children’s show or $125 for a major concert, they have the right to expect a pleasant, memorable experience,” he says.

A veteran of the media industry — he has worked at one point or another for Télémédia, TVA and Rogers — Blondeau believes his experience might allow him to view some of the centre’s activities in a fresh way. “There is a certain energy in the private sector,” he says, “a responsiveness to what audiences are demanding.

“I am one of those people who thinks that every organization today is a media organization,” says Blondeau. “They have information to transmit and target audiences to reach.”

“He belongs in the pantheon of great managers,” says Quebec minister of culture and communications Maka Kotto. “[Blondeau] is humble and talented. He is tackling the challenges facing the PDA and addressing them head-on.”

 

 

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