Célébrations du 40e anniversaire du Département de médecine de famille de McGill

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À ses débuts, il y a 40 ans, le Département de médecine de famille de l’Université McGill ne comptait qu’une poignée de membres. Depuis, les temps ont bien changé : il est aujourd’hui devenu le plus grand département de la Faculté de médecine, avec plus de 200 résidents et 100 000 patients inscrits dans ses six sites de formation. Le Département offre également des programmes de recherche, de maîtrise et de doctorat uniques et dynamiques, dont l’effectif est passé à 46 étudiants depuis leur création, en 2009.

Pour souligner cet anniversaire important, le Département a organisé une série d’activités spéciales, à commencer par un Gala retrouvailles, le 5 mai. Près de 150 diplômés, enseignants, membres et amis du Département se sont réunis au Musée des beaux-arts de Montréal pour une soirée mettant à l’honneur la gastronomie, l’art, la musique et la conversation. Parmi les moments forts de l’événement figure la conférence inspirante de David Saint-Jacques, diplômé du programme de résidence en médecine de famille de l’Université et… astronaute à l’Agence spatiale canadienne – le deuxième astronaute canadien diplômé du Département!

Le lendemain du Gala a eu lieu le Symposium McGill sur les politiques de soins de première ligne, qui visait à alimenter la discussion ainsi qu’à contribuer à l’élaboration d’une vision d’ensemble et d’une feuille de route pour l’avenir des soins de première ligne au Québec. L’événement a fait salle comble, rassemblant 300 participants au Centre Mont-Royal. La principale et vice-chancelière de l’Université, Suzanne Fortier, a donné l’allocution d’ouverture, et le vice-principal (santé et affaires médicales) et doyen de la Faculté de médecine, le Dr David Eidelman, a prononcé le discours de clôture. L’impressionnante brochette de conférenciers comprenait notamment trois anciens ministres du gouvernement du Québec et présidents de commissions sur les soins de santé, Claude Castonguay, Jean Rochon et Michel Clair.

Les participants ont pris part à une discussion animée. Les conférenciers du Québec, de l’Ontario et de l’Angleterre ont souligné que pour élaborer et mettre en œuvre des politiques efficaces, il faut favoriser la création et la promotion d’une vision commune au sein de la population et des professionnels en première ligne. Plusieurs problèmes clés ont été recensés au cours du symposium, dont l’absence de débat public respectueux, l’adoption d’une approche directive fondée sur les négociations syndicales, la centralisation excessive et la microgestion.

« Il ne fait aucun doute que les soins de première ligne sont à la croisée des chemins au Québec », affirme le Dr Howard Bergman, directeur du Département de médecine de famille de l’Université McGill, mentionnant les défis de la dernière année, dont l’adoption des lois 10 et 20, le compromis conclu in extremis avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, ainsi que deux nouveaux cadres de gestion moins bien connus du public. « Nous ne connaissons pas encore toutes les répercussions qu’auront ces changements sur la pratique et l’enseignement des médecins de famille et, surtout, sur la qualité des soins aux patients. »

Même si le climat actuel a engendré une part de cynisme et de découragement, non seulement chez les professionnels en première ligne, mais aussi dans la population, les discussions se sont révélées des plus dynamiques. Les participants ont proposé des pistes de solutions fondées sur divers principes, dont l’engagement des patients, de la population et de la collectivité; la responsabilité de la population assurée par une gouvernance locale, transparente et imputable des soins de première ligne; le changement fondé sur un processus d’élaboration centré sur l’utilisateur; l’innovation et l’entrepreneuriat favorisant la diversité et la pluralité plutôt qu’une approche mur-à-mur; la qualité comme assise d’un système où l’amélioration de la qualité est dirigée par les pairs; ainsi qu’un modèle clinique collaboratif fondé sur un partenariat entre l’équipe de soins (médecins, personnel infirmier et autres professionnels de la santé) et le patient.

« Pour réussir la mise en œuvre des politiques, il faut aussi assurer une amélioration permanente, par la responsabilisation et la consultation publique », a lancé le Dr Bergman à un public captivé et participatif, qui l’a ovationné à la fin de la journée, après avoir spontanément chanté bon anniversaire à Claude Castonguay, ancien ministre de la Santé du Québec et chef de la Commission Castonguay. « Pourtant, malgré l’importance et l’intensité de la réforme des soins de première ligne, de nombreux observateurs ont signalé qu’il n’y a eu pour ainsi dire aucune tentative de consulter la population et les acteurs du milieu, qui appellent à un débat ouvert, non partisan et respectueux au sujet des politiques publiques et de la réforme du réseau. Nous sommes heureux de célébrer le 40e anniversaire du Département avec un exercice qui illustre la nature profonde de la médecine de famille : nous réfléchissons à des mesures allant de la pratique factuelle aux politiques publiques, et vice-versa, pour bâtir l’avenir, collectivement. »

Un sommaire du symposium, les diapositives et l’enregistrement vidéo de la journée seront publiés sur le site Web du Département de médecine de famille. Selon le Dr Bergman, le symposium doit d’abord être vu comme un premier pas vers un débat élargi, qui permettra de proposer des solutions pour approfondir la discussion sur les politiques publiques.

Les célébrations du 40e anniversaire du Département se poursuivront le 3 juin, à l’occasion du Symposium McGill sur la santé complémentaire, une conférence universitaire d’une journée sur la recherche en santé complémentaire et en médecine intégrative qui se tiendra à la Nouvelle résidence de l’Université McGill.

Le 13 mai 2016

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