L’épinoche permet aux scientifiques de mieux comprendre l’évolution
9 mai 2012Il existe une vive controverse au sujet de l’évolution – et ce n’est pas celle à laquelle vous pensez sans doute.
Les scientifiques tentent de déterminer depuis longtemps si l’adaptation physiologique, structurale ou comportementale à de nouveaux milieux – l’évolution – fait intervenir de nombreux gènes qui n’exercent individuellement qu’un effet limité, ou un nombre limité de gènes dont les effets sont très marqués. Andrew Hendry, professeur agrégé au Département de biologie et au Musée Redpath de l’Université McGill, ainsi qu’une équipe suisse de généticiens de l’évolution, sont allés en Colombie-Britannique, au Canada, dans l’espoir de découvrir laquelle de ces deux hypothèses est la bonne. Les résultats de leurs travaux ont fait l’objet d’un article publié dans la revue Molecular Ecology.
Les populations d’épinoches peuvent évoluer, indépendamment les unes des autres, dans les lacs et les eaux vives. À l’aide de nouvelles méthodes génétiques à haute résolution, les scientifiques ont observé des différences génétiques très importantes entre l’épinoche de lac et l’épinoche d’eaux vives, et ce, sur plus d’une douzaine d’emplacements (loci) du génome de ce poisson, nombre considérablement trop élevé pour étayer la deuxième hypothèse. Ils ont également analysé quatre paires d’espèces d’épinoches pour découvrir que les variations de plus en plus grandes entre les espèces résultaient de différences génétiques plus marquées et observables sur un nombre croissant de loci.
En d’autres termes, l’adaptation est un processus complexe.
Selon le professeur Hendry, de nouvelles études viendront confirmer l’hypothèque selon laquelle l’adaptation est un processus qui fait intervenir de nombreux gènes situés sur de multiples emplacements du génome. Il se peut que les conclusions d’études précédentes résultent d’un biais découlant de méthodes génomiques de plus faible résolution. Avec des méthodes génétiques de pointe, les théories de l’évolution peuvent évoluer.
Pour en savoir plus sur cette étude :
