Dépistage fiable du cancer du sein

7 mai 2012

Le cancer du sein touche une femme sur huit. Seul mode de dépistage, la mammographie demeure pourtant coûteuse et inefficace. Une équipe de McGill a donc décidé de mettre au point une méthode diagnostique plus exacte et plus simple, à l’aide d’une technologie reposant sur une puce microfluidique pour dépister un biomarqueur appelé antigène carcino-embryonnaire (ACE). Les travaux de cette équipe, dirigée par l’investigateur principal David Juncker et à laquelle a participé le professeur Mateu Pla-Roca, tous deux du Département de génie biomédical de la Faculté de médecine de l’Université McGill, ont fait l’objet d’un article publié dans la revue scientifique Molecular & Cellular Proteomics.

L’ACE a été découvert il y a plus de 40 ans par le Dr Phil Gold de l’Université McGill. Toutefois, ce biomarqueur pouvant également être décelé chez les personnes saines (son taux varie en fonction de divers facteurs), sa simple présence ne permet donc pas d’établir un diagnostic formel de cancer du sein. Des scientifiques ont alors tenté de dresser le « portrait » moléculaire d’une personne en mesurant les taux sanguins de multiples protéines… sans succès.

Enfin, jusqu’à tout récemment, peut-être.

Formée d’oncologues et de bio-informaticiens du Centre de recherche sur le cancer Goodman de l’Université McGill, l’équipe a tenté de décrire les faiblesses et les lacunes des technologies les plus couramment utilisées pour mesurer le taux de multiples protéines sanguines. Forts d’une meilleure compréhension de ces facteurs limitants, les chercheurs ont mis au point une technologie novatrice reposant sur une puce microfluidique qui permet de surmonter ces obstacles. Cette technologie leur a permis de mesurer autant de biomarqueurs protéiques qu’ils le voulaient, tout en réduisant au minimum le risque d’obtenir des résultats erronés. Ils ont ensuite établi le profil de 32 protéines sanguines, parmi lesquelles six peuvent servir à l’établissement de l’empreinte du cancer du sein. À terme, leur objectif est d’obtenir un test de dépistage pouvant être réalisé dans le cabinet du médecin à l’aide d’une simple goutte de sang, et ce, non seulement pour le cancer du sein, mais pour de nombreuses autres maladies. Cette étude doit être approfondie auprès d’un échantillon plus diversifié de patients, mais, comme le souligne le professeur Juncker, « ces résultats mettent néanmoins en lumière les possibilités incroyables offertes par cette nouvelle technologie ».

Cette étude a été financée par les Instituts de recherche en santé du Canada, Génome Canada, Génome Québec, la Fondation canadienne pour l’innovation, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada et la Banque de tissus et de données du Réseau de recherche sur le cancer du Fonds de recherche en santé du Québec.

Photo : . Droits de publication accordés par Creative Commons

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