Attention aux tests sanguins utilisés pour le diagnostic de la tuberculose

29 août 2011

Tous les tests de dépistage de la tuberculose ne se valent pas. Loin de là.

Bien qu’aucune politique n’ait jamais recommandé l’utilisation des tests sanguins (sérologiques) pour le diagnostic de la tuberculose, plus d’un million de tests sérologiques sont pourtant pratiqués chaque année. Dans deux articles publiés cette semaine dans PLoS Medicine, des chercheurs expliquent que ces tests donnent souvent des résultats faux positifs et faux négatifs et que leur rapport coût-efficacité est inférieur à celui d’autres tests plus précis. Ces articles ont amené l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à publier une recommandation de politique générale explicitement « négative », appelant les pays à cesser d’utiliser les tests sérologiques pour le diagnostic de la tuberculose.

«Dans l’intérêt des patients comme des soignants des secteurs public et privé de la santé, l’OMS appelle à mettre un terme à l’utilisation des tests sérologiques pour diagnostiquer la tuberculose », a déclaré le Dr Mario Raviglione, Directeur du Département Halte à la tuberculose de l’OMS. « Un test sanguin pour diagnostiquer la tuberculose évolutive est une mauvaise pratique. Les résultats des tests sont incohérents, imprécis et mettent la vie des patients en danger. »

« Alors que la plupart des organismes de réglementation ont mis en place des dispositifs pour retirer ou interdire les médicaments et vaccins dangereux, la sensibilisation aux impacts à la fois économiques et sanitaires de tests diagnostiques imprécis ou imparfaits est limitée », explique l’un des co-auteurs de ces articles, Madhukar Pai, professeur agrégé à McGill et chercheur à l’Unité Maladies respiratoires, Épidémiologie et Recherche clinique de l’Institut thoracique de Montréal et de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill. Le professeur Pai a collaboré avec des collègues de l’École de santé publique de l’Université de Washington à Seattle et de l’École de santé publique de l’Université John Hopkins à Baltimore. « Que l’OMS fasse preuve de leadership en émettant une recommandation contre ces tests inexacts et sous-optimaux est une excellente nouvelle. »

Plus sur ces études et la politique de l’OMS, ici.

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