Doctorat honorifique : René Dussault

2014-2015 Issue 2

150526-182732-5135-001

Sa carrière de juriste s’échelonne sur plus de cinquante ans. Le nom de René Dussault figura à beaucoup d’endroits : sur de nombreuses publications en droit, dans l’organigramme de ministères et d’organismes d’État, et sur des documents préparatoires à des dizaines de projets de loi encadrant les professions au Québec. Sans compter les récompenses qu’il a obtenues. C’est pour célébrer ce travail que l’Université McGill lui décerne un doctorat honorifique. Nous avons posé quelques questions à Maître Dussault.

Qu’est-ce que ce doctorat honorifique représente pour vous ?

RD : Je suis heureux et je me sens honoré. Cela me touche profondément. Ceci étant dit, je m’empresse d’ajouter que cet hommage-là revient en réalité un peu à toutes les personnes avec qui j’ai eu la chance de travailler tout au long de ma carrière, ce sont elles qui sont en quelque sorte honorées. J’ai eu l’occasion de travailler avec des gens qui m’ont beaucoup apporté sur les plans humain et professionnel.

Est-ce que vous vous attendiez à parvenir à cela un jour ?

RD : J’ai passé mes examens du Barreau en juin 1963 dans le gymnase de l’Université McGill. Non, on ne pense pas à son avenir de la sorte!

Qu’est-ce que vous croyez être votre plus grande réalisation ?

RD : Peut-être que c’est d’avoir maintenu le cap sur la réflexion et l’écriture, en même temps que sur l’action. J’ai coordonné la rédaction du Code des professions et de 21 projets de loi d’exercice exclusifs. Par la suite, j’ai mis tout cela  en oeuvre pendant quatre ans, comme premier président de l’Office des professions du Québec. J’ai fait pareil pour le traité de droit administratif, qui est un ouvrage qui touche à la fois l’administration fédérale et l’administration du Québec. J’ai passé 10 ans dans l’administration publique du Québec, d’abord, comme conseiller sur les politiques sociales au ministère des Affaires sociales, ensuite, à l’Office des professions et, enfin, comme sous-ministre en titre de la Justice. J’ai toujours passé de la conception à l’action. J’ai fait la même chose pour les dons d’organe. J’ai toujours été très intéressé par les politiques publiques et aimé faire la transition entre la conception des règles de droit et leur application concrète dans la société, que ce soit, par exemple, pour orienter les professions sur la protection du public ou pour renforcer les droits des usagers des services professionnels.

À votre avis, quel était l’impact de la création de l’Office des professions, dont c’était le 40e anniversaire l’année dernière ?

RD : L’impact a été important, non seulement au Québec, mais partout au Canada. En 1973, nous avons procédé à la reconnaissance de 10 nouvelles professions et établi un système disciplinaire totalement indépendant. La fonction principale de l’Office des professions était de s’assurer que les ordres professionnels veillaient à la protection du public. Il fallait pour ce faire conserver l’autogestion des professions mais celle-ci devait être encadrée. Dans cet esprit, on a refait tous les codes de déontologie pour les orienter davantage sur cette protection.

Vous avez touché à plusieurs dossiers durant votre carrière. Est-ce que c’était un choix ?

RD : J’ai fait un doctorat à la London School of Economics au début des années 60. Lorsque j’ai terminé, j’avais le goût de travailler en multidisciplinarité dans les domaines juridique, économique et social.

Qu’est-ce que vous diriez à ceux qui vont bientôt obtenir un diplôme ?

RD : Je leur dirais d’avoir l’ambition d’enrichir leur profession. C’est ce qu’il faut avoir à l’esprit en commençant. Il faut avoir cet idéal à l’esprit. Je rappelle souvent aux jeunes que : « les mots sont au droit ce que les nombres sont aux mathématiques » et qu’il faut chercher le maximum de précision et de rigueur avec les mots. Ceux-ci sont essentiels à l’établissement de normes de comportement claires, nécessaires pour vivre dans une société démocratique.

Speak Your Mind

This blog is kept spam free by WP-SpamFree.